La stérilisation d'une chienne ou d'une chatte revient à fermer une source de surpopulation, à réduire le nombre d'abandons potentiels, donc la surpopulation générale. Toutefois, une stérilisation isolée n'a aucun effet sensible sur le fleuve général des naissances non voulues (cf. Des lois à appliquer).
L'ennui, c'est que l'acte de stérilisation d'une chienne coûte un quart de SMIG et celle d'une chatte le huitième. A ceci doit s'ajouter la période de surveillance post-opératoire (antibiothérapie systématique sur quelques jours), donc des médicaments à acheter et, pour retirer les points, une autre visite, quand il n'y a pas de complication post-opératoire.
De plus, nous sommes loins, très loins, d'avoir un vétérinaire par île :
En Polynésie, en l'an 2000, il y a un vétérinaire pour 20.000 habitants, essentiellement sur les îles de Tahiti et de Moorea qui abritent l'essentiel des polynésiens, mais il y a 120 îles et atolls répartis en 48 communes habitées et structurées.
En métropole (la Polynésie est un territoire français), il existe environ un vétérinaire pour 6.000 habitants. Il y a donc de la place pour eux ici, bien que le caractère morcellé de notre pays ne facilite pas les installations éloignées de la capitale Papeete (et quoi qu'en disent certains parmis ceux déjà installés...). Sur les 250.000 polynésiens recensés, 150.000 se trouvent sur la même île qu'elle, Tahiti (Pourquoi n'y a-t-il pas eu une seule question sur le nombre d'animaux de compagnie par foyer lors du recensement général de 1996, bien que le Ministère de l'Agriculture l'ait demandé ?)
LA SITUATION SANITAIRE EST EN DESSOUS DE TOUT.
Par conséquent, pour ceux qui sont "dans les îles", il faut soit espérer un passage aléatoire d'un vétérinaire bien disposé, soit faire voyager l'animal (aller et retour) pour cette opération, ce qui ajoute au stress et peut donc générer encore des frais, en plus du caractère compliqué du transport.
Il y a là de quoi faire hésiter n'importe quel chef de famille consciencieux, surtout s'il entend partout que cette opération n'est pas indispensable. Quant aux autres, la question ne les effleure même pas.
Pourtant, la source des abandons et de la surpopulation est là ...
Que ce soit "en ville", "dans les districts" ou sur les autres îles, la surpopulation animale est présente et le même problème de coût et de disponibilité des vétérinaires se pose.
LE FAIT QUE L'ACCÈS AUX SOINS SOIT AUSSI DIFFICILE EST INJUSTE.
Lutter contre la surpopulation animale est donc possible aussi en organisant des tournées régulières de vétérinaires partout, surtout là où ils sont rares ou absents.
Le but de ces campagnes n'est pas de réduire à néant les animaux de Polynésie, mais de tenter de fermer des robinets alimentant le fleuve de la surpopulation actuelle.
Elles offriraient un accès à des soins gratuits pour des gens qui n'auraient jamais vu un vétérinaire sans cela, du fait de leur éloignement, ou à cause de leurs revenus en regard du nombre d'animaux gravitant autour d'eux.
L'intérêt de telles campagnes est aussi de promouvoir du même coup l'identification officielle des animaux de compagnie risquant le plus de participer au fleuve des abandonnés.
De telles campagnes devraient mobiliser plusieurs vétérinaires en même temps. Le travail de préparation, l'organisation des transports, des hébergements, des opérations, de la publicité entourant leur passage, etc ... est important et coûteux, et il doit être renouvellé régulièrement, surtout au départ.
Comme il s'agit d'une opération d'INTÉRÊT PUBLIC,
la MOBILISATION DE TOUS est à obtenir pour en garantir le succès.
Elles sont essentiellement bénéfiques :
Et, par voie de conséquence :
Ceci ne peut qu'améliorer le bien-être de tous et réduire les souffrances inutiles.
Il y a au moins un gros inconvénient : Ceci coûte de l'argent et des moyens.
sMais, nous sommes un pays riche et si les choses sont organisées proprement, nous aurions là une opportunité pour créer des emplois stables à financer par toutes les parties concernées, comme cela se fait depuis déjà longtemps dans les autres pays développés.