Simple et efficace :
On adopte des animaux et on les protège du monde extérieur.
Ils se reproduisent vite (en moyenne : 4 portées de 8 chez les chats, 2 portées de 8 à 12 chez les chiens). Comme la sélection naturelle ne s'exerce plus au départ, la majorité survit. Rapidement nos ressources sont dépassées par ce flot.
Les attitudes qui en découlent, souvent peu honorables (lâches abandons, ...), résolvent temporairement le problème.
Ces animaux abandonnés restent près des hommes, la seule ressource qu'ils connaissent. Donc ils sont souvent en contact avec ceux, plus chanceux, ayant encore une maison. Ils participent à la reproduction générale et se montrent d'excellents vecteurs de maladies.
Ils subissent une sélection d'autant plus violente que nous ne leur avons pas appris à se comporter dans un monde qu'ils découvrent, forcément très hostile.
L'essentiel des animaux abandonnés meurt de faim ou d'accident après de longues et horribles souffrances.
Une très petite frange survit le temps de se reproduire. Ces portées-là s'arment dès la naissance pour résister aux conditions tuant leurs parents. Ce sont les errants vrais. Ils fuient l'homme comme la peste.
Bien sûr ils tombent malades, bien sûr ils sont affamés, mais ils savent un peu mieux se débrouiller. Ils ne vivent pas vieux, mais toutefois plus que leurs parents abandonnés, la sélection naturelle et l'apprentissage du milieu s'exerçant dès le départ.
La conséquence c'est qu'ils sont peu nombreux et discrets, voire invisibles, mais malades, parasités et en contact étroit avec les abandonnés. Ils constituent donc un incontrôlable réservoir d'infections pour le reste de leur espèce.
Leur effectif dépend de celui des animaux abandonnés, ils sont liés.
Un exemple simple pour sentir la violence du phénomène :
Supposons un seul couple de chats en un endroit sain fournissant espace et nourriture à volonté :
Comme nous venons de le voir, la chatte fait 8 chatons tous les 3 mois. Un chaton arrive ici à sa maturité sexuelle en 6 mois.
| Mois | Nouveaux chatons | Dont femelles | Femelles fertiles | Effectif total (mâles et femelles) |
| 0 | 0 | 0 | 1 | 2 |
| 3 | 8 | 4 | 1 | 10 |
| 6 | 8 | 4 | 1 | 18 |
| 9 | 40 | 20 | 5 | 58 |
| 12 | 200 | 100 | 25 | 258 |
| 15 | 1 000 | 500 | 125 | 1 258 |
| 18 | 5 000 | 2 500 | 625 | 6 258 |
| 21 | 25 000 | 12 500 | 3 125 | 31 258 |
| 24 | 125 000 | 62 500 | 15 625 | 156 258 |
Les chiffres sont aussi étourdissants pour les chiens.
En résumé : Plus il y a d'abandons, plus les animaux souffrent, plus les épidémies se propagent, plus les réservoirs d'infection prennent de l'ampleur, plus la honte et le risque pour l'homme grandissent.
Élémentaire et désespérant :
Face à une situation explosive, les plus sensibilisés (mairies, associations, particuliers, vétérinaires) ne peuvent rester sans réagir.
Deux solutions évidentes sautent alors aux yeux :
Elles sont vaines, comme le serait n'importe quelle autre solution tant que le problème n'est pas pris à la source.
Aucune ne réduit ni la surpopulation, ni la souffrance, ni les risques.
La première option ne contribue qu'à choquer tout le monde, à gaspiller de l'argent et à favoriser l'expansion des endémies (le vide créé se remplit par ses marges).
La seconde amplifie le phénomène : Les bonnes volontés font augmenter le nombre des survivants et donc leur propre travail. Elles seront finalement découragées et l'argent gaspillé. Le seul point positif est que de favoriser la survie d'individus moins malades diminue un peu les risques d'expansion des endémies.
Le fondement de l'erreur est facile à comprendre :
Les deux options confortent les responsables de la situation dans leur attitude, puisqu'ils croient qu'il existe une solution gérée par d'autres.
Pourtant, toutes les conditions sont presque réunies pour réussir.
Quelles que soient les solutions retenues, le premier pas passe par l'élaboration d'une LOI permettant l'identification des animaux, sinon le cercle vicieux reste actif, le robinet reste ouvert, les efforts vains.
L'identification permet, en outre, de retrouver rapidement les propriétaires des animaux perdus qui, actuellement, grossissent les rangs des abandonnés.
Il faudrait mener, en même temps, des campagnes générales d'information montrant ce que devraient être les responsabilités impliquées par la possession d'un animal et l'impact bénéfique d'une telle loi.
SANS CETTE LOI RIEN NE PEUT ÊTRE UTILE ET EFFICACE.
La première solution venant à l'esprit :
Il s'agit d'un plan de ramassage et d'élimination de tous les animaux errants. Il est fréquemment instauré en réaction à une apparition de cas de maladies transmissibles à l'homme (la Rage, la Leptospirose). Il suppose que la mort de centaines de chiens et chats errants entraine la réduction des cas. Souvent, en fait, le but réel est d'éradiquer tous les animaux errants. Des centaines d'animaux sont ensuite tués tous les jours avec des méthodes barbares.
Les animaux capturés sont tués à la strychnine, au gourdin, par électrocution, brulés vifs, etc. Ces méthodes cruelles et barbares sont condamnées par de nombreuses organisations, dont la World Society for the Protection of Animals (WSPA) et Fenua Animalia.
De plus, la destruction massive des chiens et chats errants ne résoud pas les problèmes :
Il est impossible d'attraper tous les animaux errants sans exception : Le personnel de capture attrape dans les rues les animaux les plus apprivoisés, moins malades que ceux vraiment sauvages et méfiants. Les survivants se reproduisent ensuite rapidement. En quelques années, ils rétablissent puis dépassent le niveau de la population précédente (voir plus haut).
Ces meurtres massifs sont donc sans effet positif sur les épidémies, au contraire, ils favorisent leur extension puisque ce sont les plus malades qui servent de souche.
Enfin, outre son inefficacité, cette solution est très impopulaire (qui peut garantir de ne jamais laisser s'échapper son animal, même le jour d'un ramassage systématique ?) et le ressentiment ne peut que se renforcer au fil des campagnes.
En résumé : Les campagnes d'élimination des errants ne peuvent pas atteindre leur objectif, elles coûtent cher, doivent être répétées souvent, favorisent l'extension des épidémies, exacerbent des conflits et, sauf à exercer une répression remettant en cause la démocratie, sont, pour les élus, une bonne catapulte vers la sortie.
Pour les animaux en divagation (perdus, échappés, laissés libres), l'identification obligatoire permet d'en retrouver rapidement le(s) propriétaire(s). La suite à donner étant à définir par le maire de chaque commune concernée.
Pour les errants (c'est à dire n'ayant pas de maître), ceux qui sont trop vieux, gravement blessés, malades, agressifs, ou porteurs de maladies contagieuses sont éliminés.
Les autres sont identifiés (tatouage et/ou colliers), enregistrés, soignés, vaccinés, stérilisés, déparasités, puis rendus à leur milieu d'origine.
Les animaux ainsi traités causent moins de nuisances à la communauté et continuent de lui rendre les services qu'elle en attend (rats, etc.), de plus, étant en bonne santé, surveillés, occupant en sécurité un territoire, ils le défendent contre leurs congénères, limitant ainsi la propagation des maladies.
Cette méthode a aussi les avantages suivants :
Objections :
- L'effet ne se fait pas ressentir immédiatement.
- Il faut une gestion en continu de ces populations qui peut coûter cher.
Réponses :
+ À la première on peut répondre que la mise en place d'une identification générale des animaux ayant un maître n'est pas rapide non plus, les deux mesures peuvent donc se mettre en place ensemble. La synergie accélèrera les choses.
+ Pour la seconde, les campagnes d'extermination mobilisent beaucoup plus de personnel très régulièrement, pour le ramassage même, pour les nécessaires avis préalables et les inévitables plaintes consécutives. Le prix à payer n'est pas comparable.
+ Plus généralement, l'homme se substituant à la nature dès la naissance, il est logique qu'il soit obligé de s'y substituer jusqu'à la mort, sauf à accepter le prix du "laisser-faire" (accidents, épidémies et hontes), cette dernière éventualité étant de plus en plus refusée par toute la Polynésie.
Pour renforcer l'efficacité de cette solution il est bon d'instaurer des mesures incitatrices pour la stérilisation des animaux. La plupart des maîtres qui ont recours à l'abandon le font en désarroi, par manque d'information, par manque d'argent.
En résumé : Cette solution atteind tous les objectifs.
Elle nécessite un suivi régulier et se montre par là source d'emplois d'intérêt public(formation de personnel qualifié pour les ramassages et contrôles, et pour la gestion de l'ensemble).
De plus, elle a déjà été éprouvée dans de nombreux pays, ce qui lui vaut d'être recommandée par les professionnels de l'O.N.U.