Les chats du Motu Tiahura

Quand un touriste se fâche

Moorea est, après Bora Bora, une station privilégiée des touristes. Contrairement à la première qui n'en a pas, on y trouve deux vétérinaires. La densité en hôtels n'atteind pas celle de Bora ce qui contribue à préserver un peu, pour l'instant, l'aspect naturel de l'île. La population humaine fait pourtant arriver cette île en deuxième position au palmarès de la Polynésie, derrière Tahiti. Conséquence évidente, le nombre des animaux familiers étant directement proportionnel à celui des humains, elle est aussi la deuxième île de Polynésie de ce point de vue.

Étant donné le prix prohibitif pratiqué pour les stérilisations des femelles (homogène sur tout le Territoire) en regard des revenus moyens des habitants, le nombre d'animaux abandonnés est au delà du tolérable et, donc, le nombre d'animaux errants est très important.

La Nature ayant horreur du vide, il est logique que tout espace habité par l'homme soit visité par ces errants pas toujours sans maître (chiens et chats) mais en quête vitale de nourriture, hôtels compris. C'est ici que commence l'histoire des chats du Motu Tiahura qui, en fait, pourrait encore arriver à n'importe quel hôtel de Polynésie, à propos de chats ou de chiens, sous n'importe quelle forme.

Ce motu fait partie des dépendances du très célèbre Club Méditerrannée de Moorea, un hôtel de prestige. La réaction de ses responsables est donc aussi logique que celle de ses concurrents : Une telle misère n'a pas à s'afficher ouvertement dans un lieu "de classe" car, selon la morale en usage dans ce milieu, elle nuit à son image auprès de ses clients, de la même façon qu'un tas d'ordures serait intolérable au milieu de la place Toata en plein Tihurai. Cette morale est issue pour partie du comportement des clients eux-mêmes, et pour partie des préjugés de la profession.

La tentation a donc dû être très forte de faire le ménage, le motu voisin étant suffisamment vaste - en apparence - et touffu pour servir de tapis sous lequel on pourrait cacher les 'balayures'.

Cette "idée" n'a certainement pas été une exclusivité, les moins recommandables du voisinage l'ont sûrement inscrite à leur palmarès depuis longtemps.

Le scandale est venu par où on ne l'attendait pas : Le 17 septembre 1998, une certaine Mary Hackshaw, cliente du Club, envoie un e-mail incendiaire au très célèbre site Internet "PawPrints & Purrs". Celui-ci reprend ce mail dans ses pages ainsi que les développements de l'affaire, et en détail : Cette touriste a vu des chats et des chatons dans un état honteux, mourant de faim sur le motu. Elle s'en est émue, leur porta de la nourriture, mais dû prendre le chemin du retour sans avoir eu le temps de faire vraiment quelque chose.

Ceci, grâce à Internet, eut une audience énorme, les gens étant appelés à envoyer chacun un e-mail de protestation à la direction du Club ne s'en privèrent pas. Un mouvement de boycott était lancé.

Étant impliqués avec la chaîne hôtelière, des organisations de protection des animaux (et pas des moindres : la W.S.P.A. elle-même !) étaient obligées de réagir.

N'importe quoi

La direction du Club pris contact avec un vétérinaire local qui vint retirer une demi-douzaine de chats en deux jours. Ensuite, les deux parties entrèrent en conflit et les choses en restèrent là, un temps.

La Fondation Pegasus - association américaine d'impact mondial - envoya des enquêteurs, prit contact avec nous et avec la W.S.P.A., association mondiale de protection des animaux, travaillant avec l'ONU et fédérant plus de 150 associations de part le monde (6 millions d'adhérents en 1999).

Dans le même temps, nous avons pris contact avec la direction du 'village' et nous avons visité les lieux à plusieurs reprises. A cette époque l'association n'avait pas deux ans et était loin de penser qu'un jour elle aurait même son site Internet.

Nos entrevues avec l'hôtel n'ont rien donné de bien sérieux, les directeurs de l'époque n'ayant jamais daîgné nous recevoir eux-mêmes. Tout ce que nous avons vu, ce sont quelques cages "maison" en cours de fabrication et destinées à capturer ces chats "pour les mettre ailleurs" (...), Le reste n'a été qu'écran de fumée.

Nous avons visité le motu. Ceci nous a permis de comprendre que la situation des chats, bien que critique et scandaleuse, était moins grave que celle de certains autres partout ailleurs, ceux dont la détresse extrème fait hélas notre quotidien depuis 1998.

Nos liens devenus étroits avec la Fondation Pegasus nous ont fait comprendre que l'affaire devenait importante et nuisible au tourisme. Notre rencontre avec la directrice du S.T.T. également.

L'enceinte de l'hôtel est une propriété privée, par conséquent les structures officielles ne peuvent y intervenir hors du cadre de la loi, et à condition de le vouloir.

De tout ceci et d'un échange d'environ 150 e-mails résulta la visite officielle ici de la W.S.P.A. en août 1999, et nous ne remercierons jamais assez cette touriste de l'avoir ainsi provoquée.

Ces enquêteurs - suivant nos avis - élargirent le champ de la détresse de ces chats à celle de tous les animaux de compagnie de Polynésie, établissant un bilan global sommaire, évidemment désastreux, mais surtout donnant les éléments permettant à tous d'acquerir une vision plus globale et pragmatique de la situation du Fenua, ainsi que la connaissance de solutions éprouvées dans d'autres pays tropicaux, bien que non triviales.

Nous leur devons beaucoup, et, entre autres - nous n'en doutons pas - la Délibération Territoriale de 2001 protégeant les animaux ci-dessus et adoptée à l'unanimité par l'Assemblée Territoriale de Polynésie, le 2 février 2001.

Aujourd'hui

Le Club Med de Moorea a fermé depuis, sans doute définitivement.

Il y a toujours des chats sur le motu Tiahura et leur situation est la-même.

Le directeur de l'époque a été viré dans les mois qui suivirent et son successeur disait tout ignorer de l'histoire, ce qui démontre une certaine politique de la part de l'établissement ...

Cette affaire a toutefois servi de catalyseur à l'organisation de la Première Campagne de stérilisation gratuite en Polynésie, avortée à cuse de l'instabilité politique qui à commencé presque en même temps.

Il y a, tous les jours, des touristes choqués à juste titre par la condition animale en Polynésie, au Club Med' comme ailleurs. Leur révolte, quand elle s'exprime, aide la Polynésie à prendre en compte ce phénomène de société. Plus nous sommes nombreux, plus nos animaux le sont et ce qui pouvait passser pour un épi-phénomène, marginal, il y a longtemps et en l'absence totale de mesures régulatrices pensées et prises, reste chaque jour une vraie menace.

Nous nous battons pour que des mesures, qui ne pourront pas être retardées encore longtemps, soient effectivement préalablement bien pensées. La Polynésie, dans bien des domaines, et sous prétexte d'urgence souffre de trop de précipitation dans l'action. Les mesures sont souvent pires que le mal, les catastrophes irréversibles, le gaspillage intense.

Nous ne voulons pas de solutions toutes faites d'impact temporaire, démagogiques.

Le problème que pose la divagation des animaux dans les hôtels est sérieux. Les solutions adoptées par leurs responsables ne le sont pas toujours (nous avons entendu parler de primes confidentielles à l'abattage, de chasses nocturnes à l'arbalète, d'empoisonnements clandestins, de tirs, ...)

Comme pour tout phénomène de société, ceci ne concerne pas - de loin - que les hôtels et ce n'est pas un individu seul dans son coin qui y trouvera une réponse définitive. Toute solution réelle sera efficace si, et seulement si, TOUTES les parties concernées travaillent ensemble pour bien la définir et l'appliquer, sinon l'échec perdure.

Les hôtels ne pourront pas s'en sortir seuls, les mairies non plus, le Territoire non plus et nous encore moins.

Nous appelons vraiment de tous nos voeux la constitution d'une structure pluri-partite pour dialoguer, étudier, financer et appliquer des solutions ADULTES.

Nous ne demandons qu'à exposer les solutions préconisées par l'ONU et la WSPA à la sauce Fenua et à prendre notre part dans le processus de réalisation de ce qui y sera retenu en commun.

Sortons du désastre !

Les vaches de Moorea

Victimes de la mode

Moorea, l'île soeur de Tahiti, fin des années 1990, la vie y est donnée pour plus authentique, plus idyllique qu'à Tahiti mais l'esprit de Moorea a beaucoup changé en quelques années. Il y a 10 ans, la traversée du chenal qui sépare les deux îles se faisait au mieux en 45 minutes de bateau. L'arrivée de navettes rapides, reliant les ports de Papeete (Tahiti) et de Vaiare (Moorea) en moins de 20 minutes, a provoqué une augmentation notable du nombre de résidents de Moorea. Grâce à ces navettes, habiter "en face de Papeete" permet d'atteindre la capitale plus facilement qu'à partir des agglomérations qui l'entourent sur Tahiti même.

La "vie de campagne" devient un souvenir du passé. Le port de Vaiare connaît un trafic de plus en plus intense et la route de ceinture de Moorea, seule route disponible, se charge elle aussi d'un nouveau flot de véhicules.

L'histoire des vaches de Moorea est celle du propriétaire de l'une des compagnies de navigation de l'époque. La gestion d'une flotte de navires est assez éloignée de celle de troupeaux mais M. Valère Le Prado n'a sans doute pas compris la différence entre des passagers autonomes et des bêtes dépendantes. La puissance financière éloigne sans doute de la réalité et du respect d'autrui. Sa société maritime est passée en faillite et à disparu.

L'histoire des vaches est vieille de plusieurs années. Les éléments les plus anciens dont nous disposons datent de 1996. Déjà à cette époque il était évident que le surpaturage avait atteint un niveau inadmissible : 169 vaches recensées dans un espace où - au mieux - ne peuvent tenir que 25 têtes, les chiffres des années suivantes étant à peut près du même tonneau :

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Massacre

Depuis quand une telle situation perdure-t-elle ? Nous n'en savons rien.

 

La bonne question est plutôt : Comment est-il possible qu'une pareille situation ait pu être tolérée, voire admise, aussi longtemps, puisqu'elle sousentend un total mépris des lois, de la vie en société, du respect de la vie des autres ?

Lorsque des animaux - quelle qu'en soit l'espèce - sont enfermés en surnombre, le premier effet est d'épuiser les ressources disponibles, puis, poussés par la faim et/ou la soif, ils cherchent à s'échapper vers ce dehors d'abondance et de liberté qui les entoure.

Les vaches de M. Le Prado ont donc pris l'habitude de forcer les barrières, de sauter par dessus et de se promener aux alentours ensuite, sur la route de ceinture, de jour comme de nuit, 7 jours sur 7 et, pour l'un des enclos, à moins de 500 m du port de Vaiare !

Lorsqu'on constate la totale indifférence de leur propriétaire, tant à leur détresse qu'au danger qu'il fait courir aux usagers de la route principale de l'île, la perplexité est totale. les accidents de la route ont été nombreux, l'état des bêtes honteux : Squelettes ambulants aux membres et aux pis écorchés par les barbelés (elles ne réussissaient pas toujours leur saut par dessus ou au travers des barrières). La Dépêche de Tahiti, le journal le plus lu en Polynésie, a rapporté - avec photo - la mort d'une vache, un veau pleurant à côté du cadavre de sa mère :

journal

Le doute s'installe quant à la réelle volonté des structures publiques responsables, que ce soit la Mairie en premier chef - qui ne pouvait pas l'ignorer, avisé par lettre du 15 juin 1998 du Président de la Polynésie de l'époque, M.Gaston Flosse) -, la Gendarmerie, la Justice et l'Agriculture :

lettre flosse

En effet, comment expliquer autrement que cette situation perdure depuis autant d'années ? Le fait que de nombreux accidents aient eu lieu, que tous n'aient pas été suivis de plaintes, que même dans ce cas elles n'aient pas eu d'effet est très inquiétant pour la Démocratie. Ceci a été confirmé par nos investigations propres ayant mis en lumière une sorte d'Omerta, de loi du silence par peur de représailles. Des témoins existent qui se taisent : cette affaire a des relents de maffia.

Justice

Fenua Animalia a porté plainte début novembre 2000.

Un procès a eu lieu le 5 février 2001.

M. Valère Le Prado n'a pas daigné s'y présenter.
Il a été condamné à une confiscation totale de son troupeau, les frais de transports étant à sa charge.
La sentence était dite exécutoire immédiatement :

proces

Il était convenu avec le Ministère de l'Agriculture que les vaches seraient soit euthanasiées, pour les plus calamiteuses, soit placées dans les domaines de l'Agriculture de Moorea (vallée d'Opunohu) en vue d'y être rétablies puis vendues.

M. Le Prado a fait appel, évidemment.

Le samedi 19 mai 2001, La Dépêche de Tahiti rapporte la collision d'un 4x4 avec une vache vers 23:00 et s'étonne - à juste titre - que de tels faits soient toujours possibles à ce jour :

prado4x4

La même pour tous ?

La Polynésie vit une niterminable période d'instablilité politique depuis 2004. Les gouvernements sont remaniés sans cesse, la valse des fauteuils ministériels est permanente.

L'Assemblée de Polynésie a voté à l'unanimité une loi protégeant les animaux, le 2 février 2001. (voir ci-dessus)

Il est impensable que dans un pays moderne et civilisé - et la Polynésie est un pays moderne et civilisé, n'en déplaise à certains - l'animal soit traité comme un objet, le citoyen l'otage de puissants, la Démocratie et la Justice bafouées aux yeux de tous.

Nous voulons la Justice, simplement la Justice, mais toute la Justice
et nous nous battrons pour, même si nous savons que nous ne sommes pas - et de loin - des puissants de ce monde.

Les lapins de Papara

Pour quelques cages de plus

Le 31 octobre 2000 nous avons été contactés par un habitant de Moorea, technicien supérieur en biologie appliquée, spécialiste des élevages.
Il venait se plaindre à nous de ce qu'il venait de vivre.

Nos investigations nous ont appris que cette affaire a pour origine la rencontre de deux intérêts complémentaires, dans le milieu professionnel de l'élevage des lapins : Un éleveur de Moorea cessant son activité et ne trouvant pas de repreneur sur place a mis en vente ses installations et leur contenu. Un autre éleveur, installé à Tahiti dans la commune de Papara voulait agrandir le sien.

L'affaire consistait en une cinquantaine de cages contenant 65 lapins. Il semblerait que l'intérêt principal de l'acquéreur était porté sur les cages dès le début, les lapins vivant dedans représentant pour lui, en apparence, plus une gène qu'une affaire intéressante.

Un parfum de Solution Finale

Le jeudi 26 octobre 2000, l'acheteur de Papara est venu à Moorea prendre livraison.
Ce jeudi était une chaude journée ensoleillée, la température extérieure atteignant 32oC à midi, ce qui est assez courant à cette période de l'année.
Par l'humidité tropicale dans laquelle nous vivons, c'est souvent un peu lourd à supporter.

Vers 9:00 du matin, pour vider les cages avant de les démonter, les lapins ont été entassées 'en vrac' à l'arrière d'un van, sur une surface de 3.5 x 2 m, soit à peu prés 10 x 10 cm par lapin. Ils y sont restés jusqu'à 11:00, toutes vitres fermées, en plein soleil.

Pour ceux ne connaissant pas les Tropiques, sachez que dans un véhicule totalement fermé et stationné en plein soleil pendant une paire d'heures, nous avons mesuré une température de plus de 70oC au niveau du volant. Le plancher arrière étant à l'ombre, il n'a pas pu atteindre une telle température, mais a dû dépasser largement les 30oC.

Vers 11:00 l'équipe des acquéreurs est venue ouvrir le four solaire et retirer les cadavres, semant la panique parmi les survivants, donc la mort : Le lapin est un animal célèbre pour sa peur (ce qui permet sa survie dans la nature), il est très facilement stressé et sujet aux crises cardiaques par excès d'adrénaline.

Cette opération a donc renforcé le vent de la mort sur les survivants.

Bien que cette méthode d'abattage soit rigoureusement interdite par la loi, les animaux, chargés d'adrénaline, étant impropres à la consommation, l'acheteur de Papara et son équipe ont commencé le dépeçage sur place.

Cette inqualifiable ensemble de choses a eu lieu sous les yeux du voisinage dont des enfants. Tous s'en sont émus (Peut-on faire autrement ?) et ils ont réussi à en sauver une quinzaine.

Notre enquête dans les services vétérinaires du Ministère de l'Agriculture montre que ces carcasses ont bien été agréées et mises dans le circuit commercial de l'alimentation : Les inspecteurs du SDR ont été abusés par l'éleveur le lendemain, et n'ont pas vu la fraude.

Environ 50 lapins sont donc partis ainsi dans nos assiettes.
Ceux d'entre vous qui ont acheté du lapin à cette période ont des chances d'en avoir mangé.

Le 26 novembre 2000 Fenua Animalia écrivait au Procureur de la République et portait plainte contre l'éleveur de Papara.

Affaire enterrée

La Justice à classé notre plainte sans suite.

Les conséquences sont lourdes :

Nous attendons de la Justice une réponse à toutes ces questions.

Notre route vers la dignité et la confiance semble encore longue, très longue.

La Loi de 2001

La délibération

L'assemblée Territoriale de Polynésie a adopté à l'unanimité la délibération AT 2001-16/APF en sa séance du 1er février 2001, sur rapport de sa commission permanente.

Au cours des débats qui ont eu lieu ce jour-là, l'opposition a reproché au gouvernement d'avoir autant tardé à mettre en place un texte de cette nature. Celui-ci a répondu que la population n'y était pas prête.

Il est difficile de prendre parti pour un bord ou l'autre car le silence radio était total des deux côtés depuis des lustres (les deux bords nous ont reçus au cours de la mission d'évaluation de la WSPA, en 1999) et, culturellement, les animaux de compagnie n'ont jamais encore été un enjeu social ici.

Comme nous l'expliquons dans ce site, le problème posé embarasse le monde politique dans son ensemble depuis des décennies, mais les solutions ne sont pas du tout évidentes et l'électorat est un juge sévère.

Les animaux, eux, ne votent que par procuration et sont prêts depuis bien trop longtemps ...

Le grand mérite de cette loi est de ne pas se cantonner aux seuls animaux de compagnie, les animaux sauvages, d'élevage et de laboratoire sont pris en compte aussi.

L'article premier reconnaît enfin que "Tout animal étant un être sensible doit être placé par la personne physique ou morale qui, à quelque fin que ce soit, l'élève, le garde ou le détient, dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce."

Le principal apport de cette loi est de rendre obligatoire l'identification des animaux qui peuvent l'être (Art.3).

Le volet éducatif est incorporé à la règle puisque toute vente d'animal doit s'accompagner, outre d'une attestation de vente, d'un document d'information sur les caractéristiques et les besoins de l'animal contenant également, au besoin, des conseils d'éducation. (Art.4)

Le transport des animaux est à présent codifié.(Art.6)

L'essentiel des peines exposées vient compléter, en s'appuyant sur les articles 121-2 et 131-35 à 39 du code pénal, pour les exploitants, les dispositions générales contre la maltraitance sur les animaux prévues par le Nouveau Code Pénal s'appliquant en Polynésie depuis 1996.

Les arrêtés

Pour avoir un quelconque effet une loi est suivie d'arrêtés d'application. Ceux-ci concrétisent les principes énoncés par la loi, précisent les modalités concrêtes de l'action et la teneur des sanctions.

Depuis son adoption aucun arrêté n'a été pris, et pour cause :

Leur rédaction incombe au S.D.R. seul. Le Service du Développement Rural est une administration territoriale.

Son "Département de la Qualité Alimentaire et de l'Action Vétérinaire" qui a en charge "la protection des animaux domestiques et des animaux sauvages apprivoisés ou tenus en captivité contre les mauvais traitements, les utilisations abusives et les souffrances inutiles" (Arrêté Territorial 0446/CM du 24 avril 1995, Art. 25) dispose en fait d'un personnel qui se consacre à la production agricole pour l'essentiel, et on peut le comprendre vu qu'il n'a que 6 vétérinaires pour toute la Polynésie ...

Un vétérinaire n'est pas un juriste, et le S.D.R. a toujours eu de grosses difficultés pour en avoir un, ce qui fait que nombre de textes sont, en fait, rédigés par les vétérinaires eux-mêmes, faute de mieux, puis vérifiés par un service juridique dans une autre administration (donc pas spécialement disponible pour eux).

Nous avons demandé au SDR à avoir un droit de regard sur ces arrêtés avant leur application. Allant au-delà de nos désirs, le SDR nous a demandé notre aide pour en rédiger un premier jet, mais, citoyens bénévoles devant aussi manger et vivre (donc travaillant ailleurs), notre temps disponible ne vaut guère mieux que le leur et nous ne sommes pas juristes non plus.

L'application de cette loi s'annonce longue.

Et maintenant ?

Le fait que cette loi ait été adoptée à l'unanimité témoigne bien que tous nos élus sont conscients du problème, ayant senti que la population, dans sa majorité, l'est aussi et que l'ampleur du désastre a des conséquences palpables sur notre économie.

Le fait que cette loi ne s'inscrive pas dans une stratégie d'ensemble, qu'elle ait été conçue sans aucune consultation des parties concernées (associations, vétérinaires privés, communes, etc.) et en paraphrasant des lois françaises explique que sa portée risque fort d'être réduite, même si elle constitue une avancée certaine en soi.

Le simple bon sens suffit à comprendre que pour contrôler un phénomène de société d'une telle ampleur une loi toute seule ne peut rien résoudre. La logique professionnelle ajoute qu'une loi sert à définir un cadre de travail, qu'elle est un préalable indispensable à l'action. Elle pose le cadre de travail, c'est bien, mais c'est tout.

Donc, pour son succès, il faudrait qu'elle fasse partie d'une démarche globale où soient impliquées TOUTES les parties concernées dès sa conception et que l'information soit diffusée, expliquée au fur et à mesure. Car, pour accepter de jouer à un nouveau jeu, chacun doit d'abord le comprendre.

Pour être efficace, elle doit être non seulement acceptée par tous, mais en plus défendue par tous. Pour celà, il faut non seulement que chacun y croie mais surtout qu'il s'en sente d'une certaine façon responsable, propriétaire.

Voter une loi sans lui mettre un contexte général autour, c'est du gaspillage d'énergie par manque de méthode, ou bien de la démagogie.

 

Nous appelons vraiment de tous nos voeux la constitution d'une structure pluri-partite pour dialoguer, étudier, financer et appliquer des solutions ADULTES.

Nous ne demandons qu'à exposer les solutions préconisées par l'ONU et la WSPA à la sauce Fenua et à prendre notre part dans le processus de réalisation de ce qui y sera retenu en commun.

Sortons du désastre !