La Wasmannia auropunctata, ou Petite Fourmi de Feu (par analogie avec la Grande Fourmi de Feu) ou PFF, possède une biologie aussi remarquable qu'intriguante.
Elle fait partie des 8 espèces de fourmis classées Super-envahissantes.
Pour faire partie de ce club très fermé il faut posséder les caractéristiques suivantes :
C'est une toute petite fourmi (1.2 mm) :
| Les graduations sont des millimètres : |
Signes distinctifs : |
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Une reine et une ouvrière posées sur une règle graduée en millimetres.
Photo prise à Tahiti en 2004. |
Photo prise à Tahiti en 2006.
voir aussi :PaDIL-Wasmannia auropunctata |
Il s'agit d'une des dix pires espèces envahissantes jamais propagée par l'homme.
Son expansion est très surveillée par la communauté internationale, au vu des ravages qu'elle provoque lorsqu'elle arrive et explose.
Une commission de l'ONU a même été créée pour tenter de réduire les impacts de ces pestes : L' Invasive Species Specialist Group, ou ISSG. (voir "ISSG" ci-dessus).
Nous avons récolté un nid pour évaluer son effectif. Le voici, dans l'alcool et étalé dans une boîte de Petri (diamètre : 10 cm) :
Cette photo montre uniquement des fourmis : Tous les débris et grains de poussière ont été retirés.
Les graduations sont des millimètres et les petits grains marrons entourant les reines noires sont des ouvrières recroquevillées.
Nous avons compté ici 80 individus sexués mais il ne s'agit que d'un échantillon : Certains ont pu nous échapper au moment de la capture.
Un nid peut donc abriter une centaine de reines, chacune entourée d'ouvrières encore plus nombreuses.
L'ensemble, remis dans son flacon, occupe seulement un centimètre cube.
Dans la nature, son épaisseur peut être extrêmement fine : Elles s'installent couramment dans le tronc des bananiers, entre les assises des feuilles !
( Note aux lecteurs des pays non-tropicaux : Un bananier est constitué comme un grand poireau : Ses feuilles n'ont pas de pétiole, elles sont collées ensemble pour former le tronc et se séparent ensuite, en haut. Les nouvelles feuilles apparaissent au centre du tronc, repoussent les autres à la périphérie, montent à la verticale puis s'ouvrent et s'étalent : Les feuilles les plus vieilles, en périphérie, forment, à leur mort, "l'écorce". Dans le tronc, l'espace libre entre les feuilles est inférieur à 1 mm, mais il est suffisant pour abriter des nids de petites fourmis de feu !) )
Un nid peut donc se loger n'importe où :
Le cas d'Émilie à Mahina en est un exemple parlant.
Quand le nid est dérangé elles le déménagent très facilement. S'il est coupé en morceaux chacun continue sa vie.
Quel que soit le nombre de reines et de nids en contact elles fonctionnent comme une seule colonie : Elles forment un méta-organisme diffus pouvant prendre des proportions gigantesques. (Plusieurs centaines de kilomètres carrés en Nouvelle-Calédonie et au Gabon)
À Mahina, en frontière de la plus grande colonie connue, nous avons pu compter, sur une pelouse dégagée, 5 nids au mètre carré.
Avancer le nombre de 10 nids au mètre cube en zones arborescentes fortement contaminées est donc sans doute en-dessous de la réalité.
Selon des scientifiques de l'ISSG, une reine peut pondre environ 70 oeufs par jour.
Ceci leur donne une puissance de reproduction théorique de 100 (reines) * 10 (nids) * 70 oeufs/jour,
soit 70.000 fourmis de plus par jour et par mètre cube dans de tels endroits.
En reportant ces données en surface au sol, on obtient : 70.000 * (100*100m) = 700.000.000 nouvelles fourmis par jour et par hectare.
En d'autres termes, quand les conditions leurs sont propices,
elles sont 0.7 milliard de plus chaque jour, à l'hectare !
Sur Tahiti, la surface des colonies actuellement connues (fin-2006) est estimée à ... 600 hectares.
Attraction des ouvrières par les reines : Quelques secondes séparent ces photos.
Mahina - Taharaa - dec. 2006
Elles aiment :
Elles n'aiment pas :
On ne leur connaît absolument aucun prédateur.
Nids polygyniques (de plusieurs reines) : Trois reines diffèrentes, prises parmi d'autres, sur une même pierre de moins de 10 cm ramassée au bord d'une route de Mahina.
Mahina - Taharaa - dec. 2006
Une colonie élimine la plupart des êtres vivants des territoires qu'elle conquiert.
Chaque individu peut se servir de son dard plusieurs fois de suite.
Son venin est très agressif : Chaque piqûre brûle intensément pendant plus d'une heure.
Au niveau oculaire elles peuvent entraîner la cécité chez tous les vertébrés, phénomène connu sous le nom de Kératite de Floride.
Les dégâts les plus visibles sont, évidemment, dans la plus grande colonie, à Mahina.
Ils sont nombreux et variés, impactent presque tout, les secteurs agricoles et touristiques mais pas seulement.
Les fourmis entrent dans la ruche, en tuent les reines et emportent les oeufs, les cadavres et le miel.
Rappel : Chaque fourmi peut piquer plusieurs fois et chaque piqûre dure plus d'une heure.
Lorsqu'elle envahit les maisons, la situation devient vite intenable : Le cas d'Émilie est un exemple assez détaillé.
Piqûres aux yeux : Marinette en août 2005.
En médaillon : en juin 2002.
Piqûres aux yeux sur des animaux de compagnie de Mahina.
On ne connaît actuellement aucun remède à la Kératite de Floride.
Ici, en nettoyant les mauvaises herbes contre le mur de la maison :
Les attaques sont inévitables.
Au bout de 24 heures, sur un individu allergique, ils sont toujours visibles :
Aucun cas mortel (oedème de Quinke) n'a encore été signalé à Tahiti, pour l'instant.
Rappel : Chaque fourmi peut piquer plusieurs fois et chaque piqûre dure plus d'une heure.