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Faits

La maison d'Émilie est à environ deux bons kilomètres de la route de ceinture de Tahiti, dans la commune de Mahina, au bord de la route menant à la résidence Mahinarama. L'entrée donne directement sur cette route :

Fare - entree - vue amont.jpg

Elle est donc dans une zone fréquentée, qui n'est pas éloignée de tout.
Il s'agit, somme toute, d'une maison semblable à la majorité de celles de la commune :
 

Fare - entree.jpg

On remarque, que le domaine s'appuie contre une petite falaise de quelques mètres en haut de laquelle passe une ancienne route militaire qui serpente en dessous de la limite ouest du lotissement Supermahina. Le réseau d'eau potable passe le long de cette route abandonnée, ce qui était pratique pour le maintenir.
La situation n'a donc rien de très sauvage au premier abord. Le problème à l'origine de tout ce qui suit vient du fait que cette zone est entièrement contaminée par la méga-colonie de Petites Fourmis de Feu de Mahina, la plus grande colonie connue à ce jour en Polynésie, celle qui couvre plus de 150 ha.

Tout ce que vous voyez contient des millions de fourmis agressives, à la piqûre très douloureuse et faisant environ un millimètre de long.

La vie ici est un enfer permanent.

Remarquez le jeune cocotier de la photo précédente, accroché au talus entre la route et le jardin.
Ses fruits ne sont plus récoltés, il est totalement infesté.

cocotier

Une de ses palmes se dirige horizontalement vers le pied de bougainvillée violet. On devine à peine qu'un jeune plant de falcata s'élève sous son ombre. Une tige de ce jeune falcata traverse la palme, presque à son extrémité. Cette palme a été coupée pour ne pas toucher le grillage de clôture :

La photo suivante était donc facile à prendre, simplement en se plaçant contre le grillage à côté des fleurs :

cocotier - detail 2
Cochenilles (points blancs)                Fourmis (brun-orangé): partout !

Elle montre que la jonction entre les deux arbres est un passage privilégié pour les fourmis.
En effet, elle leur permet d'atteindre, plus rapidement qu'en passant par le tronc du cocotier, les cochenilles installées par elles le long de la palme.

Ces cochenilles sont élevées par les fourmis pour en recueillir les sécrétions dont elles se nourrissent et qu'elles ramènent à leurs nids.

De l'autre côté de la route, à l'endroit où la photo de l'entrée du fare a été prise, le long des bananiers, la situation est tout aussi délicate, bien qu'en apparence tout soit anodin.

Bananiers - vue generale

Les bananiers poussent sous les fils électriques et téléphoniques. Ils sont cultivés. Enfin, à présent, on peut dire "étaient cultivés" : Leur aspect actuel ne laisse aucun doute quant à leur abandon effectif car les lianes les ont envahis, ils respirent mal, les feuilles mortes pendent en nombre.

La situation est encore plus bizarre, en fait. Suivez les fils :
 

bananiers - vue generale 2
Les fils descendent dans les bananiers !
A leur ombre, la situation est claire : Ces bananiers ont l'électricité et le téléphone, sans abonnement et sans compteur !!

Non seulement ils sont laissés à l'abandon, mais, en plus, ni l'OPT (compagnie du téléphone), ni l'EDT (compagnie de l'électricité) n'osent plus intervenir au bord de cette route à cet endroit. Ils ne sont pas les seuls.
Les flêches indiquent en bleu le téléphone et en jaune un régime de bananes :

bananiers electriques - branches

Ci-dessous, les flêches en bleu indiquent le téléphone et en rouge des lianes qui s'y accrochent :

bananiers electriques - entangled.
La photo est prise d'en-dessous, à la verticale.

Pourtant, nous sommes à moins d'un mètre de la route !

Baissons les yeux : La route, à droite, est ici en plein soleil et à moins d'un mètre.
La végétation ne semble pas étrange à priori :

bananiers electriques - pieds  bananiers electriques - pied vue aval

De plus près, c'est une autre histoire :

bananiers electriques - pied vue route 1

Approchons encore un peu :

bananiers electriques - pied vue route 2

Côté forêt, la végétation est accrochée à une pente très raide dès les bananiers:

bananiers electriques - vallon
vue de dessus.

Les cochenilles pullulent et il y a comme de la poussière sur les tiges et les feuilles.

L'infestation est impressionnante :

bananiers electriques - vallon 1    bananiers electriques - vallon 2
bananiers electriques - vallon 3

Nous sommes à moins de deux mètres du goudron de la route, sous les bananiers.

Chaque fourmi peut piquer plusieurs fois par minute et chaque piqûre dure au moins une heure.

Dans ces conditions, il est tout à fait légitime de refuser de travailler sans protection spéciale et sans être encadré par des personnes d'expérience. Dans un environnement pareil, envoyer des travailleurs sans équipement adapté et sans consignes est irresponsable. La preuve, c'est que la dernière équipe venue ici a été évacuée au dispensaire, en moins d'une demi-heure.

Il en est de même de l'autre côté de la route, dans le lot d'Émilie, y compris dans sa maison. Elle y vit avec sa soeur, et avec les Petites Fourmis de Feu, en permanence.
Le jardin est entretenu :

jardin cote route

Le tour de la maison est fleuri, comme très souvent :

3897- Fare - entree laterale

L'entrée latérale dans le fare d'Émilie est bordée par des plantes à feuilles lisses :

3902-Emilie a sa porte

Les Petites Fourmis de Feu ont une nette prédilection pour les cocotiers, palmiers, bananiers, manguiers et toute espèce de plante donnant des fruits gras ou sucrés et, surtout, capables de nourrir de très nombreux pucerons et cochenilles sur leurs feuilles lisses et plates.

Cette règle est respectée ici. Les palmiers sont constellés de cochenilles, et de fourmis. Les cochenilles sont toutes ces tâches blanches, visibles sur les feuilles et les troncs.
 

Palmiers en bordure du fare

Voici la base d'une feuille prise au hasard et posée sur le trottoir :
 

Palmiers bordure fare - base feuille

Un agrandissement partiel donne une idée du risque à tendre un bras nu dans ce massif, pourtant tout contre la maison, loin de la forêt. Notez les cochenilles au bout des flêches vertes.
 

Palmiers bordure fare - base feuille agrandie

Revenons au pas de la porte d'entrée :

3919a-bas porte entree

3918-bas porte entree   3910-bas porte entree.jpg

L'endroit est un peu sombre mais il n'est pas vraiment désert :

3912-bas porte entree   3914-bas porte entree

Nous sommes, à cet endroit-là, devant une autoroute de Petites Fourmis de Feu, à un carrefour qui plus est :

3914-bis - bas porte entree.jpg

La densité en fourmis est la même tout autour de la maison, le long de la base du mur.
Par endroits des colonnes de fourmis se dirigent vers les plantes en bordure de trottoir ou vers l'intérieur même du fare.

Toutes les plantes qui pouvaient être colonisées le sont, y compris les plus improbables :

3919b-bas porte entree

3920-plante porte entree

Il suffit donc d'effleurer celle-ci au passage pour embarquer de ces indésirables auto-stoppeurs sur soi.

Pourtant, cette plante n'est pas en pleine terre et que ce qui l'entoure est très différent de la jungle :

3921- plantes porte entree

 

À l'arrière de la maison le sol est boueux, l'eau y stagne, nous sommes très près du talus :

3900- Fare arriere - vue vers le maiore

Les Petites Fourmis de Feu sont à la fête ici puisqu'elles ne sont pas en plein soleil et ont, à profusion, de l'eau et des plantes accueillantes pour leurs troupeaux de cochenilles.

La traversée de ce petit marécage donne la vue suivante sur le fare :

fare - arriere

D'un peu plus haut, la situation est évidente : Les feuilles et les branches mortes des arbres accrochés à ce talus tombent sur le toit.

fare - arriere 2

En permanence il pleut des Petites Fourmis de Feu sur la maison !

La colonie de Petites Fourmis de Feu a totalement envahi la zone. Comme souvent en d'autres endroits tout autant contaminés, les arbres en font les frais : Ils sont coupés puisque passer sous leur feuillage signifie prendre une douche de fourmis :

uru - fare

En coupant l'arbre, on espère un peu faire reculer les fourmis.
En traitant la souche juste après on espère quelques jours de répit supplémentaires.
Il n'en est rien :

uru - feuille

En une journée les Petites Fourmis de Feu sont revenues, à nouveau et partout !
Leur reproduction est tellement intense que les cadavres provoqués par un traitement habituellement annuel sont remplacés en quelques heures.

Traiter comme pour les autres fourmis ne sert strictement à rien.

Si l'eau stagne, ce n'est pas par manque de drainage, c'est parce qu'un éboulement s'est produit sur l'arrivée d'eau potable de la mairie :

Avalanche eau 2
Drain comblé par l'avalanche         Arrivée de l'eau potable

Par fortes pluies, l'eau reste ainsi accumulée et arrive à entrer dans le fare.

éboulement vu de la maison :

Haut de l'éboulement
Avalanche eau 3

Cette avalanche qui s'est arrêtée juste contre la maison est à présent colonisée par les herbes.
Ces herbes sont colonisées par les Petites Fourmis de Feu, comme tous les alentours, à des densités évidemment supérieures à celle rencontrées dans la maison.
Le personnel municipal de Mahina a bien tenté, une fois, de venir réparer les dégâts, mais il a du évacuer les lieux en direction du dispensaire à cause des trop nombreuses piqûres immédiatement infligées par les Petites Fourmis de Feu.
Ils n'ont même pas pu atteindre le haut de l'éboulement, visible ici à la limite du toit, au bord de la route abandonnée.
La conduite d'eau principale est située là-haut, à une dizaine de mètres au-dessus de la maison, en plein enfer.

Depuis, les choses dégénèrent doucement mais sûrement : Personne n'ose plus y aller !
L'eau arrive encore un peu dans la maison, mais pour combien de temps ?

Une deuxième avalanche s'est produite quelques mètres plus loin. C'est elle qui bloque tous les écoulements autour du fare et qui est responsable du marécage au pied de la falaise. Les Petites Fourmis de Feu recherchent l'eau.

Départ de l'éboulement
Avalanche 2 - niche
Arrivée de l'éboulement                                                                         Niche du chien, abandonnée aux fourmis.
Ramboutan stérilisé par les fourmis.

Le fare est à droite de la photo à un ou deux pas.
Une bonne partie des déblais de l'avalanche ont été enlevés par le fils qui n'habite pas ici, mais le travail n'a pas pu être achevé. L'eau, autrefois, s'écoulait en dehors du petit domaine, à l'endroit où l'éboulement s'est terminé.

Ici aussi le personnel de la mairie a tenté de pénétrer dans la végétation mais il en est ressortit aussitôt, chassé par les Petites Fourmis de Feu.
Autrefois, le Ramboutan donnait des fruits. Aujourd'hui les fourmis épuisent les fleurs qui meurent sans en donner: Il y a eu, cette saison 2006, deux fruits en tout alors qu'il était couvert de fleurs au départ.

Le chien a été déménagé de l'autre côté de la maison, pour le mettre à l'écart de la continuelle pluie de Petites Fourmis de Feu qui tombe des feuilles au moindre souffle de vent.
 

Les commodités de la maison se trouvent du côté du talus. Voici l'évier, agrémenté d'un pot de fleur :

Evier Evier2
Rien d'inhabituel en apparence. Regardons-le plus en détail, ce pot :
Pot - bord
le rebord
Pot- pied
Le pied
pot - feuille
La feuille
pot - feuille retournee 2
Vue de dessous !
pot - feuille retournee.jpg
Vue de dessous !!

Ici, il suffit de s'appuyer sur cet évier pour en avoir plein les bras et la réaction est immédiate.
Chacune peut piquer plusieurs fois et chaque piqûre dure au moins une heure.

Le seul autre évier est dans la cuisine, à l'intérieur, au centre du fare :

cuisine

Ce qu'on trouve sur le carrelage n'est guère mieux que dehors :

cuisine - PFF cuisine - PFF-a

Un peu sombre, n'est-ce pas ? La même, au flash :

cuisine - PFF-a surex

Rappel : chaque fourmi mesure 1,2 mm et peut piquer plusieurs fois de suite.

Contexte et conclusion

Émilie n'est pas toute jeune. Elle vit avec sa soeur qui est handicapée et totalement à sa charge. Son mari est mort, ses enfants sont partis vivre avec leurs conjoints. Elle est donc toute seule pour tenir la maison, à tout point de vue. Pour elle, l'invasion de la Petite Fourmi de Feu est une catastrophe face à laquelle elle n'a pas les moyens de lutter, ce qui la mine moralement.

Émilie se fait piquer du matin au soir et du soir au matin. Les fourmis sont dans la douche, dans les serviettes, dans le linge qui sèche, dans la cuisine, dans le lit, partout. Pour pouvoir dormir sans être réveillée par les piqûres, elle prend des somnifères. C'est dangereux parce que le venin des fourmis est très proche de celui des guêpes dont elles sont les cousines : Après un grand nombre de piqûres, une sensibilisation allergique mortelle peur survenir chez certains individus.

Émilie, pour tenter de sortir de cette situation intenable, dans le courant du mois de juillet 2006, a cherché à joindre le ministère de l'Agriculture (SDR).
Appeler ce ministère est logique puisqu'il a mené une première action d'éradication sur toutes les colonies connues pendant le troisième trimestre 2005 et que cette action a eu des effets très positifs même si l'objectif n'a pas du tout été atteint.
Il lui a été répondu que le ministère s'était dessaisi de cette affaire et qu'à présent le ministère de l'Environnement s'en occupait.

Émilie a donc appelé cet autre ministère, qui l'a redirigé sur la DIREN, sa Direction de l'Environnement.
Cette fois, l'interlocuteur n'était pas au courant et lui a dit de contacter la Délégation à la Recherche.

Le désespoir étant un moteur puissant, Émilie a néanmoins appelé ce service qui en a été très surpris car absolument incompétent pour traiter cet aspect de l'invasion.

En désespoir de cause et devant sa détresse, la Délégation à la Recherche l'a orientée sur moi en lui disant que c'était encore par là qu'elle avait le plus de chances de trouver une amorce de solution.
Elle a donc encore composé un numéro, le sixième au moins.

J'ai donc reçu son appel au secours et je suis allé faire ce dramatique état des lieux le surlendemain.

J'ai ensuite contacté différents acteurs possibles. Une société de désinsectisation, celle-là même qui a procédé à la tentative d'éradication de la colonie de Petites Fourmis de Feu de Te Tavake (Punaauia) avec quelque succès, m'a promis que, vu l'urgence, vu le désespoir, vu la situation, elle allait procéder au nettoyage gratuit de sa maison et de ses alentours.

Cette action généreuse va donner un peu de répit à Émilie mais elle ne peut être que temporaire car, comme tout le quartier est envahi, comme il s'agit d'une unique et monstrueuse fourmilière de 150 ha au moins, comme la fourmi avance d'environ 50 m par mois, tant que toute cette fourmilière géante n'est pas anéantie aucun espoir de règlement définitif n'est possible.

Par ailleurs, étant donné que cette peste a des impacts sanitaires et sociaux, à mon instigation, une inspection par le Service de l'Hygiène a eue lieu pour que les dégâts en ce domaine soient enfin sérieusement évoqués au ministère de la Santé qui, depuis la découverte officielle de cette invasion en juillet 2004, a brillé par son absence dans cette lutte.

Il est évident ici que cette peste a des impacts sur toute l'activité humaine, que ce soit sur les cultures ou dans les habitations. Le désastre est total.

Si rien n'est fait rapidement, et ce qui précède porte à le croire, non seulement vivre dans de telles conditions va faire fuir ceux qui le peuvent, va rendre malades ceux qui ne le peuvent pas, mais, surtout, cette situation apocalyptique répandra la ruine totale sur l'ensemble de Tahiti puis dans les autres îles (dont le statut est, évidemment, totalement inconnu à ce jour.)

Nous ne nous sommes même pas donnés les moyens de faire un état des lieux sur l'ensemble de Tahiti : Absolument aucune aide n'a été apportée à Fenua Animalia pour l'encourager à poursuivre, élargir et approfondir son action de repérage des zones contaminées. Tout ce qui a été fait à ce jour avec tous les ministères se résume à de vagues palabres sans lendemains. L'identification de toutes les zones contaminées ne demande pas un gros budget. A ce niveau, opposer la restriction budgétaire de 2006 n'est qu'un mauvais prétexte.

L'inaction présente est responsable de la perte potentielle de domaines immenses, d'une paupérisation irrémédiable de tout le pays. Elle lui génère un handicap profond pour l'éternité alors que l'éviter est encore possible. Plus nous tardons à prendre ce problème au sérieux, plus les dégâts seront lourds pour tout le pays et moins la situation sera récupérable. Le seuil de l'irréversible est sans doute atteint à présent, mais ce n'est pas une raison pour laisser l'ensemble du pays sombrer dans ce cauchemar sans rien faire.

A une heure où l'accent est mis sur la valorisation des productions agricoles locales, sur une re-colonisation des terres agricoles par les Polynésiens, la légèreté avec laquelle cette catastrophe est prise en compte depuis plus d'un an par ceux qui nous gouvernent ressemble fortement à un suicide collectif planifié.

M. Eric Loève, Vice-Président.

"... Même en utilisant ces paramètres prudents, choisis de façon biaisée pour obtenir la conclusion la plus optimiste possible, le nombre d'espèces disparaissant chaque année est de 27.000. Chaque jour 74 disparaissent, et chaque heure 3.
...
Une éthique de l'environnement sur le long terme servirait non seulement à préserver la santé et la liberté de nos espèces mais permettrait aussi d'atteindre le monde par lequel l'esprit vint à l'humanité ."

E.O. Wilson - 2001 - La Diversité de la Vie

La presse (vidéo)

Cette page web a suscité quelques réactions dans la presse écrite : Les Nouvelles de Tahiti du 19 juillet 2006, page 11. (fichier jpg de 144 Ko.)

Ce même jour, nous avons accepté de guider des journalistes de la chaîne de télévision RFO-Polynésie sur les lieux.
Voici ce reportage, diffusé le soir même dans ses journaux télévisés :
RFO-Polynésie - Journal du 19 juillet 2006 - 19:00 :   emilie-19-07-2006.wmv   (taille : 4.92 Mo ; Réduit au format Windows Media Player par nos soins )

Il est préférable de le télécharger d'abord et de ne le visionner qu'ensuite.

Deux mois plus tard ...

Je suis retourné voir Émilie vers le 15 septembre 2006 deux mois plus tard, c'est à dire quelques petites semaines après le traitement généreusement offert.

La situation a changé, de façon visible :

Les bananiers électriques ont la même apparence, de loin :

bananiers electriques
 
bananiers electriques

De près, c'est un autre monde mais qui porte encore quelques stigmates.
Les fils du téléphone ont pu être grossièrement dégagés :

bananiers electriques

Les bananiers reprennent goût à la vie en donnant de jeunes pousses :

bananiers electriques

Le dessous des feuilles ne montre plus de fourmis et le nombre de cochenilles s'est réduit bien que le traitement n'ait eu aucun effet direct sur elles :

bananiers electriques cochenilles
 
bananiers electriques cochenilles
 
bananiers electriques cochenilles

Mieux, le plant d'ananas qui essayait de pousser à côté du dernier bananier tente même de donner un fruit à présent :

bananiers electriques ananas
 
bananiers electriques ananas

L'arrière de la maison a la même apparence :

porte laterale

Toutefois, le pot de fleur à côté de la porte a un aspect plus naturel :

porte laterale

Les petits palmiers également :

palmier propre

On peut s'en approcher sans rien risquer maintenant.

L'éboulement est toujours là :

vue arriere

mais les fourmis n'y sont plus :

Cecropia propre
 
Cecropia propre

L'arbre à pain qui avait été coupé pour ne plus se faire arroser de fourmis en étendant le linge lance de nouvelles branches :

Maiore = Uru = Arbre a pain
 
Maiore = Uru = Arbre a pain

Elles sont propres :

Maiore = Uru = Arbre a pain

Le bas de la porte, autrefois autoroute à petites fourmis de feu, a repris un aspect normal :

pas de porte

Devant, les palmes du cocotier ont un aspect parfaitement naturel :

cocotier propre

À côté de la niche, les jeunes ramboutans ont décidé de reprendre leurs croissances, chose oubliée depuis plus d'un an :

Ramboutans

Les Bougainvillées refont des fleurs, parfaitement normales :

jardin refleuri

D'ailleurs, tout refleurit dans le jardin, un festival de fleurs partout, comme après un trop long hiver (très chaud) :

jardin refleuri
 
jardin refleuri

Même le bonzaï s'y est mis alors qu'il ne le faisait plus depuis des années :

bonzai refleuri

Dans la cuisine, l'évier est toujours au même endroit et les carreaux n'ont pas changé non plus, de loin :

evier
 
evier

De près, ils sont propres et sans danger, même aux jointures :

evier

Et surtout, surtout, Émilie a retrouvé le sourire, et quel sourire !!

...

Elle n'est plus l'ombre d'elle-même : Finies les angoisses permanentes, finies les piqûres par surprise plusieurs fois par jour, finies les nuits interrompues en fanfare douloureuse, finis les somnifères.
Le cauchemar est derrière à présent !
 
 
Pour l'instant, je reviendrai à noël.

Noël 2006

Je suis donc repassé, pour surveiller.

Nous avons beaucoup parlé mais je n'ai pas pris beaucoup de photos : Une vie normale, chacun connaît.

Maintenant qu'il est possible de faire le tour de la maison et d'entrer dans la végétation alentour, la vie reprend un cours normal.

Le personnel de la mairie a bien voulu revenir maintenant qu'il ne court plus le risque de se retrouver au dispensaire après quelques courtes minutes de travail sur place.

Les bananiers électriques ont été coupés pour dégager les fils :

Bananiers electriques
 
Bananiers electriques
 
Bananiers electriques

L'éboulement a été nettoyé, ce qui fait que le marécage ne se forme plus et n'entre plus dans la maison :

Arriere fare
 
Arriere fare

Pour ralentir le retour des fourmis le talus est nettoyé de sa végétation aussi et les branches surplombant la maison ont été retirées :

Arriere fare
Elles ne sont pas loin toutefois : Le haut du talus est toujours contaminé. Il n'a pas pu être traité parce que trop haut, inaccessible.
La menace reste dont très proche mais elle n'est plus dans la maison et ça, ça n'a pas de prix.
De plus, à présent, Émilie a une solution, connaît des gens qui en ont fait leur métier et, bien sûr, ce que signifie de ne pas prendre cette menace au sérieux.

Liens utiles


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