Dans les zones perturbées par l'homme elle pullule de façon extraordinaire et elle est en train d'envahir le monde grâce à lui.
La PFF a été rangée dans le top 10 mondial des espèces envahissantes par les spécialistes internationnaux, loin devant des pestes plus célèbres comme le criquet migrateur.
Ce n'est pas par hasard, presque tout est excessif chez cette espèce :
Il n'existe pas beaucoup de cartographies détaillées des infestations, la plupart sont inconnues (Gabon, Nouvelle-Calédonie, Vanuatu, Israel, etc.)
Nous présentons ici celles que nous avons pu obtenir :
Source: Discover Life-ONU/ISSG.
Elle est originaire d'Amérique centrale où elle ne pullule pas dans la nature.
L'ISSG a créé un site sur les espèces envahissantes. Nous en avons traduit en français ICI l'essentiel sur cette fourmi.
Des études récentes ont montré que toutes les reines sont des clones entre elles.
(Clonal reproduction by males and females in the little fire ant. Denis Fournier et al. Nature Vol. 435 : 1230-1234 (2005).
et
Site du CNRS: Guerre des sexes chez une fourmi : reproduction clonale des mâles et des reines )
Ceci pourrait expliquer que, bien que pourvues d'ailes, personne n'en ait jamais vu voler : Le vol nuptial a pour principal effet de sélectionner génétiquement les couples les plus robustes. Il n'a donc aucun intérêt si ce sont tous des clones.
L'invasion mondiale est donc uniquement due à l'homme.
Elle envahit Tahiti depuis le début des années 1990.
Son introduction a très bien pu passer inaperçue au départ.
Dès que la presse a signalé la catastrophe (Les Nouvelles de Tahiti, 12 octobre 2004, p.9) des militants de Fenua Animalia et des particuliers ont commencé à relayer l'alerte et à tenter - seuls - d'entamer l'inventaire des zones contaminées.
Ce travail aura duré plus de 8 mois sans que les autorités ne réagissent. Le ministère de l'Agriculture a dit prendre en charge cette catastrophe à partir du mois d'avril 2005. Depuis, c'est à dire pendant plus d'un an après, le travail d'inventaire n'a quasiment pas évolué. Une opération d'urgence de tentative de nettoyage organisée par ce ministère a bien eu lieu pendant les mois de juillet et d'août suivants, sur la base de nos résultats, mais strictement rien n'a été fait après.
Le petit ministère de l'Environnement a repris la charge du problème à partir d'octobre 2006 et fait ce qu'il peut avec les moyens qui lui ont été attribués.
Pour ceux qui sont curieux de la rapidité des découvertes des colonies depuis la première alerte, voici un fichier PowerPoint les posant sur cette carte (495 ko), dans l'ordre chronologique.
La situation sur le terrain aujourd'hui semble être plus dramatique qu'en 2004.
L'ensemble des points GPS relevés depuis la découverte de notre contamination a été exportée du SIG de l'Environnement (= Sytème Informatique Géographique) en un fichier de points se reportant automatiquement dans le logiciel gratuit Google Earth (fichiers kmz).
Pour ceux qui ont installé ce logiciel sur leur machine, le lien ci-dessous va ouvrir Google Earth et mettre ces données dans la fenêtre des lieux temporaires (partie de gauche de la fenêtre Google Earth). Vous pourrez alors soit le déplacer dans "Mes lieux préférés", soit l'enregistrer sur votre disque (option disponible dans le menu du clic droit exercé sur "Lieux temporaires").
Ce fichier de 341 Ko, pff-gis-ge20.kmz, est régulièrement remis à jour. Sa version actuelle est du 29 mai 2008.
Les points rouges sont positifs, les points verts sont sains, les autres couleurs correspondent aux cas douteux (pas de fourmis, etc.)
Comme souvent, la façon dont ce logiciel place les points sur ses cartes n'est pas la même que celle d'un GIS, ce qui fait qu'un décalage de quelques mètres à quelques dizaines de mètres se produit parfois entre les deux. Ce fichier est donc faux quand il est consulté avec une grande précision, surtout en altitude, mais il donne une bonne idée de ce qui se passe.
Il est structuré en sous-dossiers que vous pouvez cocher ou décocher pour vous faire une idée. Double cliquer successivement sur chacun des noms dans le dossier des colonies connues vous fait voyager de l'une à l'autre.
Pour ceux qui ne peuvent l'utiliser, voici un autre PowerPoint en reprenant l'essentiel : PFF2005-2007.pps (5.7 Mo, du 16 mars 2008)
Nous en sommes donc à 39 colonies connues, soit, d'Est en Ouest :
| N° | Commune | pk E=Est O=Ouest | Nom de la colonie | Surface (ha plat) | Découverte | Description |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Papenoo | 1.8 E | Pugibet | 12 | oct 2004 | Tout le flanc Est, jusqu'en haut de la crête, depuis la route de ceinture jusqu'au fond de la servitude |
| 2 | Papenoo | 1.8 E | Karting | ? | 19 jul 2007 | A environ 1.5 km de la route de ceinture. Limites encore inconnues. |
| 3 | Mahina | 11.5 E | Ahonu bas | 8 | 19 aou 2006 | À partir du CJA de Mahina jusqu'au milieu de la ligne droite suivant le virage après le garage Damas |
| 4 | Mahina | 11.5 E | Ahonu haut | ? >1 | 1er jul 2006 | À environ une demi-heure de marche le long de la rivière, dans la montagne, au-dessus du captage SPEA du fond de cette vallée |
| 5 | Mahina | 11 E | Supermahina | ? >200 | juil 2004 | Depuis le lot n°3 jusqu'en haut de la résidence et au-dessus. Un secteur reste épargné pour l'instant, sur son flanc Ouest au niveau du bas de la résidence Opaerahi voisine qui est également contaminée sur sa moitié haute |
| 5 bis | Mahina | 11 E | Route de Mahinarama | - | début 2005 | En fait, il s'agit de la même, la plus grande connue, qui déborde jusque là et aussi sur les hauteurs Ouest de la vallée de Ahonu |
| 6 | Mahina | 11 E | Mahinarama - Te Anuhe | 13 | 8 mai 2005 | La plus grande connue dans ce secteur jusqu'à ce mois d'avril, quasiment l'ensemble de cette résidence est contaminée |
| 7 | Mahina | 11 E | Mahinarama - Les Alizés Ouest | 14 | 8 mai 2005 | La plus grande connue dans ce secteur depuis ce mois d'avril, sa surface s'est multipliée par 5 depuis 2005 |
| 8 | Mahina | 11 E | Mahinarama - Les Alizés Est | 2 | 8 mai 2005 | Cette colonie, contrairement à sa soeur ne s'est pratiquement pas agrandie pendant la même période. Le fait est notable car elle a une grande emprise en brousse. L'explication de ce gel apparent de son expansion est inconnue. |
| 9-10 | Mahina | 11 E | Mahinarama - Les Alizés Sud | 1+0.4 | 19 avr 2007 |
|
| 11 | Mahina | 11 E | Mahinarama - Te Anuhe Nord | 0.3 | 19 avr 2007 | Infestation naissante, mais presque contre celle de Te Anuhe |
| 12 | Mahina | 11 E | Mahinarama - Moo iti | 6 | 28 mar 2005 | Elle passe de 4 à 6 ha en deux ans, en descendant le vallon de la Moo iti. |
| 13+14 | Mahina | 11 E | Mahinarama - Paradis | 1+0.4 | 19 avr 2007 | La résidence Paradis est contaminée en deux endroits. Le danger de ces deux contaminations est énorme car elles sont situées tout contre les falaises rejoignant la Tuauru en contre-bas. Leur éradicaton est une priorité absolue. |
| 15 | Mahina | 10.8 E | Atima | 13 | 6 mai 2005 | Pratiquement contre la route de ceinture et la route d'accès au Collège. Les limites 2007 ne sont pas encore entièrement établies. |
| 16 | Mahina | 10.8 E | Atima2 | ? | 2005 | Une infestation naissante se trouve à l'ouest du collège, proche de la limite de la Tuauru |
| 17 | Mahina | 10.3 E | Tuauru 1 | 8 | 10 avr 2005 | à environ 200 m avant la fin de la route, tout le flanc Est, très raide, est fortement contaminé. |
| 18 | Mahina | 10.3 E | Tuauru 2 | ? | 18 jul 2007 | Presque depuis la route de ceinture, tout le flanc Ouest, très raide, est fortement contaminé. Limites encore inconnues. |
| 19 | Mahina | 10 E | Pointe Venus | 1 | 1er mar 2007 | Infestation naissante, tout au bout de la pointe, contre la plage. Origine : OPH Ahonu |
| 20 | Mahina | 9.8 E | Décharge Villierme | ?<1 | début 2005 | Cette toute petite colonie semblait la première à être totalement éradiquée fin 2005, mais le site a été fortement recontaminé en 2006 (décharge communale) |
| 21+22+23+24 | Mahina | 8.2 E | Tirao-O'Viri-Jay | 16 | 1er mai 2005 | 4 colonies depuis le bas de la résidence Jay, jusqu'à la route de ceinture sous la gendarmerie, avec une incursion au-dessus de la résidence Manuatea à l'Ouest et, à l'Est, jusqu'à la crête de la résidence Baccino. Trois sont satellites de celle de la propriété Tirao, n'existaient pas en 2005, une par déchage interdite, une autre par un chantier, la dernière par pollution en fin des caniveaux d'O'Viri. On a trouvé, en janvier 2008, quelques contaminations naissantes au sein de la résidence O'Viri |
| 25 | Arue | 7.5 E | Taharaa | ? | 4 avril 2008 | La crête qui suit la première épingle à cheveux en montant vers le col du Taharaa depuis Papeete. (nord de la rivière Vaiava) |
| 26 | Arue | 7 E | Radisson 1 | ? | 29 aout 2007 | A la limite Nord-Est de l'hôtel, deux tests positifs. |
| 27 | Arue | 7 E | Radisson 2 | ? | 10 sept 2007 | A la limite Nord-Ouest de l'hôtel, côté montagne, deux tests positifs. |
| 28 | Arue | 6.7 E | Tefaaroa | ? | 12 fev 2007 | Tout au fond de la vallée, ses limites sont inconnues, elle est très grande et surtout en brousse. Les animaux de compagnie ont de sérieuses atteintes irréversibles aux yeux. |
| 29 | Arue | 4.2 E | Terua | ?>5 | 15 mar 2007 | Tout au fond de la vallée, découverte le 15 mars 2007, ses limites sont encore inconnues mais elle doit être établie depuis quelques années vu sa taille actuellement connue. |
| 30 | Pirae | 2.8 E | Hitiura | ?>1 | 3 avr 2007 | Presque contre la mairie, découverte le 03 avril 2007. Elle doit être établie depuis quelques années vu sa taille connue. |
| 31 | Papeete | 0.3 O | Sainte Amélie | 8 | 25 sept 2006 | Tout le bas du vallon au-dessus de la caserne Prat et tout le côté montagne de la rue principale d'accès au quartier |
| 32 | Papeete | 0.3 O | Pic Vert | 2.5 | fev 2005 | Au niveau des maisons situées au centre de la zone la plus récemment urbanisée. Les frontières de cette colonie récemment examinée sont encore à affiner |
| 33 | Faa'a | 2.9 O | Souky | 2 | 26 oct 2006 | La moitié du terrain situé entre Cash & Carry et la RDO, côté RDO. Une des plus récemment découvertes |
| 34 | Punaauia | 10 O | Te Tavake | 1 | 15 jun 2005 | Une douzaine de maisons au milieu de la résidence |
| 35 | Punaauia | 12 O | Punavai Montagne | 14 | 25 fev 2005 | Tout le vallon côté montagne, à gauche de la 2e passerelle avant le rond-point de Punavai, en venant de Papeete |
| 36 | Punaauia | 15 O | Pointe des Pêcheurs | 3.5 | mai 2005 | Depuis l'hôtel Méridien (partiellement inclus) et presque jusqu'à la rue menant au bout de la pointe. La seule colonie connue actuellement côté mer |
| 37 | Punaauia | 17 O | Te Maru Ata (dessous) | 14 | 2 avr 2005 | Tout le vallon situé sous la première épingle à cheveu après la décharge, en montant. Les premières maisons en-dessous sont touchées |
| 38 | Punaauia | 18.2 O | Papehue Nord | 6? | 17 jul 2005 | |
| 39 | Punaauia | 18.5 O | Papehue Sud | ? | 17 jul 2005 | A la limite de la zone urbanisée, sous la décharge qui est encore saine |
Soit plus de 500 hectares à plat, c'est à dire sans tenir compte de la topographie, répartis sur 7 communes.
La commune de Papenoo est située au Nord-Est de Tahiti.
Elle est quasiment inconnue, en dehors des limites de la colonie repérée à l'embouchure de la rivière de même nom.
Elle est associée aux communes voisines pour former le district de Hitiaa O Tera, crédité d'environ 8.700 habitants ce qui la place au 12e rang des communes de Tahiti.
Elle est située sur la côte Est, c'est à dire bien arrosée par les pluies apportées par les Alizés.
La PFF ayant une préférence marquée pour les zones non arides, son éradication dans cette commune s'annonce très ardue.
Papenoo compte 2 ou 3 colonies connues, la première répertoriée dès 2004 :
L'équidistance des courbes de niveau est de 20 m.
Cette carte a une largeur de 1,4 km pour une hauteur d'environ 1 km.
Chaque point marqué en vert ou en rouge correspond aux coordonnées GPS d'un test ou d'une série de tests.
Le nuage de points rouges est une estimation de l'ampleur de la contamination.
La zone n'a janais été testée là où n'y a pas de point.
Le fond de cette rue est occupé par une usine de fabrication de matériel de construction. Elle diffuse donc des palettes de ses produits dans tout le pays. La compagnie est sensibilisée au problème et fait de son mieux - semble-t-il - pour éviter de participer à la dissémination de cette peste.
Les fourmis entrent dans les maisons, comme ailleurs : Les habitants en sont, évidemment, très incommodés.
2007 apporte la mauvaise nouvelle de deux infestations plus profondément dans la plus grande vallée de Tahiti.
La commune de Mahina est celle située la plus au nord de Tahiti.
Elle est créditée de plus de 14.500 habitants, ce qui la place au 6e rang des communes de Tahiti.
Sa position géographique la met à la frontière climatique entre la partie Est arrosée par les Alizés et la partie Ouest légèrement plus sèche.
La PFF ayant une préférence marquée pour les zones non arides, son éradication dans cette commune s'annonce extrêmement ardue.
Mahina ne compte pas moins de 21 colonies répertoriées en aout 2007.
C'est la commune la moins mal connue, donc, en apparence la plus contaminée. Nous évaluons actuellement à environ 60 % la surface testée dans cette commune :
L'équidistance des courbes de niveau est de 20 m.
Chaque point cerclé de noir, de centre vert ou rouge, correspond aux coordonnées GPS d'un test ou d'une série de tests.
S'il n'y a pas de point, c'est que la zone n'a janais été testée.
Soit 21 colonies, non encore jointives, allant de quelques mêtres carrés à environ 250 ha (la plus grande trouvée, à ce jour) et dont une se trouve profondément enfoncée en montagne, en zone humide (en haut de la Ahonu).
Une évaluation des surfaces contaminées sur le SIG de la Direction de l'Environnement établie en avril 2007 est consultable ici (fichier pdf de 413 Ko) .
La commune de Arue jouxte par l'Ouest celle de Mahina, la plus au nord de Tahiti.
Elle est créditée de plus de 9.500 habitants, ce qui la place au 10e rang des communes de Tahiti.
Sa position géographique la met à la frontière climatique entre la partie Est arrosée par les Alizés et la partie Ouest légèrement plus sèche.
Arue compte 5 colonies répertoriées au 4 avril 2008.
C'est une commune mal connue, donc, en apparence, peu contaminée.
Nous évaluons actuellement à environ 10 % la surface testée dans cette commune :
Soit 5 colonies dont 2 assez enfoncée en montagne, en zone humide.
Presque totalement en brousse :
Au-dessus du camp d'Arue :
Presque totalement en brousse :
De chaque côté de l'hôtel :
La commune de Pirae se situe entre la capitale, Papeete et la commune d'Arue.
Elle est créditée de plus de 14.700 habitants, ce qui la place au 5e rang des communes de Tahiti.
Sa position géographique la situe au début de la partie Ouest légèrement plus sèche que l'autre.
C'est une commune très mal connue, donc, en apparence, peu contaminée.
Nous évaluons actuellement à moins de 1 % la surface testée dans cette commune.
Pirae compte 1 colonie répertoriée le 3 avril 2007 :
Cette colonie est identifiée, les frontières exactes sont connues. La population du quartier a, dans l'ensemble très bien réagi en traitant presque ensemble la plus grande partie de cette colonie dès sa découverte, sans attendre de réaction officielle.
Soit 1 colonie, située à moins de 150 m de la mairie et du centre d'accueil de l'Hygiène Scolaire où chaque année, les plus de 35.000 élèves du pays tout entier passent leur visite médicale obligatoire.
La commune de Papeete, la capitale, est situe au Nord-Ouest de Tahiti.
Elle est créditée de plus de 26.000 habitants, ce qui la place au 2e rang des communes de Tahiti, plus du cinquième de la population de l'île.
Sa position géographique la met légèrement à l'abri des Alizés, elle est plus sèche que les communes contaminées de la cote Est (Papenoo et Mahina).
La recherche des PFF dans Papeete est à peine éfleurée. Nous évaluons actuellement à 5 % la surface testée dans cette commune.
Elle compte néanmoins au moins 2 colonies, répertoriées fin-2006 et situées sur la même crête : Sainte Amélie et Pic Vert :
Cette colonie, découverte en novembre 2006 semble s'être installée silencieusement depuis au moins trois ans, c'est à dire après le début de l'alerte générale et concerne pourtant plus d'une trentaine de maisons.
Elle est située à une centaine de mètres du coeur de ville (avenue Bruat - place Tarahoi)
Comme il ne s'agit pas d'une résidence mais d'un quartier sans gestion individualisée propre, son éradication ne sera pas facile. Son extension en brousse est importante.
Présentation à la télévision locale par un responsable de l'Environnement, le 3 octobre 2006, dans une bananeraie jouxtant les maisons.
Cette colonie a été identifiée par le Service du Développement Rural (SDR) début 2005.
Elle semble avoir son origine dans la construction des habitations (cette photo n'est pas à jour).
Le manque de communication entre services et le manque de communication tout court de la part de l'Agriculture font que cette colonie n'est officiellement prise en compte dans la lutte que depuis que le ministère de l'Agriculture a abandonné cette gestion aux mains du ministère de l'Environnement (fin 2006), c'est à dire plus d'un an et demi après sa découverte !
Elle est située très haut en montagne mais en zone urbanisée.
La combattre est difficile à cause de la pluviométrie élevée mais l'accès n'est pas un handicap (contrairement à celle du haut de la vallée de Ahonu à Mahina, par exemple).
La commune de Faa'a est situe au Nord-Ouest de Tahiti. Elle jouxte la capitale Papeete et abrite l'aéroport international de Polynésie.
Elle est créditée de plus de 30.000 habitants, ce qui la place au 1er rang des communes de Tahiti.
Sa position géographique la met légèrement à l'abri des Alizés.
La recherche des PFF dans Faa'a est embryonnaire. Nous évaluons actuellement à 1 % la surface testée dans cette commune.
Elle compte néanmoins au moins 1 colonie.
Cette colonie a été découverte en octobre 2006 :
La commune de Punaauia recouvre près d'un tiers de la côte Ouest de Tahiti.
Elle est créditée de plus de 25.000 habitants, ce qui la place au 3e rang des communes de Tahiti, avec un cinquième de la population de l'île.
Sa position géographique la met légèrement à l'abri des Alizés, elle est plus sèche que les deux autres communes où on a trouvé des colonies.
Son étendue est un défi de plus pour arriver à l'examiner entièrement.
Punaauia compte 5 colonies répertoriées fin-2006 et relativement éloignées les unes des autres.
Le terme "pk" signifie "point kilométrique", ils sont comptés depuis le centre de la capitale, Papeete :
L'équidistance des courbes de niveau est de 20 m sur toutes les cartes.
Punaauia est donc contaminée par au moins 5 colonies réparties sur plus de 8 km, la plus importante connue étant celle de Punavai, suivie par celle de la Pointe des Pêcheurs.
Le reste de la commune, c'est à dire au moins 80 % des zones habitées demeure encore totalement inconnu à ce jour.
Nous évaluons actuellement à 10 ou 15 % la surface testée dans cette commune.
Cette colonie, l'une des plus petites connues, découverte par une élève au cours d'un travail pratique demandé par un professeur de biologie, est aussi la plus surveillée.
Elle ne concerne qu'une demi-douzaine de maisons et la démarche privée qui a tenté son éradication semble avoir éliminé plus de 90 % des fourmis. Le reste de la résidence a été entièrement et collectivement testé (tous les 10-20 m environ) par les habitants et nous et s'est avéré indemne à l'époque.
Elle est ainsi la colonie qui aura été la mieux combattue depuis 2005, même si la méthodologie a pu être brouillonne (cf. Te Tavake vu par l'ISSG.)
Le fait que toute la surface contaminée soit située à l'intérieur d'une résidence unique est, par le regroupement de la gestion des intérêts de chacun, un atout important de plus pour arriver à l'y éliminer totalement.
Cette colonie occupe plusieurs dizaines d'hectares situés surtout en zone quasi-naturelle de basse altitude, profondément modifiée par l'homme.
Elle n'est pas contenue dans une résidence mais s'étale en brousse et entre différents domaines privés sans coordination.
Son éradication est, pour ces deux raisons, problématique.
Comme la précédente, cette colonie de quelques dizaines d'hectares n'est pas située dans une résidence.
Elle est la première répertoriée côté mer par rapport à la route de ceinture. (les routes sont des barrières biologiques à l'extension naturelle des PFF)
Elle concerne un hôtel de luxe et de nombreuses maisons particulières.
Cette colonie, à peine plus grande que celle de Te Tavake (le double sans doute) en 2005, est en pleine expansion.
Elle non plus n'est pas dans une résidence, bien que celle qui la surplombe se sente extrêmement concernée par cette menace à ses portes.
Elle a fait, en 2005, l'objet de tentatives d'éradication à la fois privées et par le ministère de l'Agriculture.
Elle n'est pas facile à éradiquer, compte tenu de la topographie de cette zone (pentes très raides par endroits) et à cause de la dispersion des énergies, comme pour les autres colonies "hors résidence", bien que tous les gens concernés soient sensibilisés.
La vallée de Papehue a une biodiversité des plus riches de Tahiti (Monarque de Tahiti, Partulas, etc.)
Cette colonie a été répertoriée par le ministère de l'Agriculture en 2005, averti par la famille qui en a été le vecteur. Comme les données précises n'ont été fournies par le SDR que fin 2006, ses frontières exactes sont toujours inconnues aujourd'hui.
Elle se situe à quelques 800 m au Nord de l'embouchure de la rivière Papehue. Elle est circonscrite depuis fin aout 2007.
Elle a été créée en 2003 par un jardinier travaillant à Mahina qui ramenait les déchets verts chez lui pour les composter. Dès qu'il a su ce qui se passait (1ere alerte publique le 12 octobre 2004), il a immédiatement tout arrêté et tenté de les tuer en faisant brûler son compost puis en l'arrosant de pesticides. Il était trop tard : La brousse voisine était déjà contaminée.
Une colonie satellite de quelques mètres carrés a été identifiée à proximité, chez des voisins ayant utilisé ce compost contaminé dans leur vanillière.
Malgré ce bilan extrêmement décevant en surfaces étudiées, l'étendue globale de la contamination se situe déjà au-dessus de 400 hectares.
Selon différents chercheurs de l'ISSG, le seuil de l'irréversible se situe entre 100 et 500 hectares selon le climat et la topographie des zones atteintes.
Ce seuil, sur Tahiti, est donc soit déjà atteint, soit en passe de l'être.
Le 15 décembre 2006, La Dépêche de Tahiti reportait que 4 bateaux de plaisance, des catamarans, ont été mis en quarantaine dans le port de Uturoa sur l'île de Raiatea car les agents de la biosécurité, le Département de la Protection des Végétaux, y ont trouvé des PFF jusqu'à l'intérieur des flotteurs.
Ces bateaux provenaient de la vallé de Ahonu, commune de Mahina.
Cet évènement prouve bien que toute la Polynésie est sous une grave menace permanente :
Combien de livraisons contaminées ont-elles eu lieu dans les îles depuis le début des années 1990 ?
Les bonnes nouvelles sont, pour l'instant, que :
La situation n'est donc pas encore totalement perdue, mais elle est extrêmement critique.
Les PFF ont été détectées à Smithfield et Kewarra Beach, à environ 15 km au nord du centre-ville de Cairns (Queensland). Une campagne de lutte est en cours contre ces contaminations.
La contamination est relativement restreinte mais la dispersion est bien entamée dans cette zone.
Les données présentées ici sont parcellaires.
Plus de détails sont disponibles sur le site du Gouvernement du Queensland
Situation connue en 2007 :
Source: Biosecurity Queensland (comm. pers.)
Pour voir ceci de plus près dans Google Earth, si vous l'avez installé, ouvrez ce kewarra.kmz (2 Ko).
Les PFF ont été détectées sur les îles de Maui et Big Island.
Il semble que l'incursion sur l'île de Maui soit à présent éradiquée.
Situation connue en 2006 :
Source: USGSC (comm. pers.)
Pour voir ceci de plus près dans Google Earth, si vous l'avez installé, ouvrez ce hawaii.kmz (3 Ko).
Situation connue en l'an 2000 :
Source: Institute of Food and Agricultural Science - University of Florida.