Dans les zones perturbées par l'homme elle pullule de façon extraordinaire et elle est en train d'envahir le monde grâce à lui.
La PFF a été rangée dans le top 10 mondial des espèces envahissantes par les spécialistes internationnaux, loin devant des pestes plus célèbres comme le criquet migrateur.
Ce n'est pas par hasard, presque tout est excessif chez cette espèce :
Il n'existe pas beaucoup de cartographies détaillées des infestations, la plupart sont inconnues (Gabon, Nouvelle-Calédonie, Vanuatu, Israel, etc.)
Nous présentons ici celles que nous avons pu obtenir :
Source: Discover Life-ONU/ISSG.
Elle est originaire d'Amérique centrale où elle ne pullule pas dans la nature.
L'ISSG a créé un site sur les espèces envahissantes. Nous en avons traduit en français ICI l'essentiel sur cette fourmi.
Des études récentes ont montré que toutes les reines sont des clones entre elles.
(Clonal reproduction by males and females in the little fire ant. Denis Fournier et al. Nature Vol. 435 : 1230-1234 (2005).
et
Site du CNRS: Guerre des sexes chez une fourmi : reproduction clonale des mâles et des reines )
Ceci pourrait expliquer que, bien que pourvues d'ailes, personne n'en ait jamais vu voler : Le vol nuptial a pour principal effet de sélectionner génétiquement les couples les plus robustes. Il n'a donc aucun intérêt si ce sont tous des clones.
L'invasion mondiale est donc uniquement due à l'homme.
Elle envahit Tahiti depuis le début des années 1990.
Son introduction a très bien pu passer inaperçue au départ.
Dès que la presse a signalé la catastrophe (Les Nouvelles de Tahiti, 12 octobre 2004, p.9) des militants de Fenua Animalia et des particuliers ont commencé à relayer l'alerte et à tenter - seuls - d'entamer l'inventaire des zones contaminées.
Ce travail aura duré plus de 8 mois sans que les autorités ne réagissent. Le ministère de l'Agriculture a dit prendre en charge cette catastrophe à partir du mois d'avril 2005. Pendant plus d'un an ensuite, le travail d'inventaire n'a quasiment pas évolué. Une opération d'urgence de tentative de nettoyage organisée par ce ministère a bien eu lieu pendant les mois de juillet et d'août 2005, sur la base de nos résultats, mais strictement rien n'a été fait après, jusqu'à ce que le petit ministère de l'Environnement découvre qu'il était chargé du problème depuis des mois sans en avoir été averti.
Ce ministère de l'Environnement a repris la charge du problème à partir d'octobre 2006 et fait ce qu'il peut avec les moyens qui lui sont attribués.
La situation sur le terrain aujourd'hui est bien plus dramatique qu'en 2004.
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Les points rouges des tests sont positifs, les points verts sont sains, les autres couleurs correspondent aux cas douteux (pas de fourmis, etc.)
Pour ceux qui ne peuvent l'utiliser, voici un autre PowerPoint en reprenant l'essentiel jusqu'en 2007 : PFF2005-2007.pps (5.7 Mo, du 16 mars 2008)
Nous en sommes à 100 colonies actives connues.
Répartition : PFF-ListeColonies.pdf (160 Ko, version 11 novembre 2009 ; pk = point kilométrique)
Soit plus de 600 hectares à plat (c'est à dire sans tenir compte de la topographie) répartis sur 10 communes.
Pour ceux qui sont curieux de la rapidité des découvertes des colonies depuis la première alerte et jusqu'en avril 2007, voici un fichier PowerPoint les posant sur cette carte (495 ko), dans l'ordre chronologique.
Pour ceux ne pouvant pas utiliser Google Earth, une présentation et des vues par communes extraites de ce logiciel sont disponibles à la page communes, ceci afin d'améliorer un peu le chargement de celle-ci.
Malgré ce bilan extrêmement décevant en surfaces étudiées, l'étendue globale de la contamination se situe déjà au-dessus de 600 hectares.
Selon différents chercheurs de l'ISSG, le seuil de l'irréversible se situe entre 100 et 500 hectares selon le climat et la topographie des zones atteintes.
Ce seuil, sur Tahiti, est donc soit déjà atteint, soit en passe de l'être.
Le 15 décembre 2006, La Dépêche de Tahiti reportait que 4 bateaux de plaisance, des catamarans, ont été mis en quarantaine dans le port de Uturoa sur l'île de Raiatea car les agents de la biosécurité, le Département de la Protection des Végétaux, y ont trouvé des PFF jusqu'à l'intérieur des flotteurs.
Ces bateaux provenaient de la vallé de Ahonu, commune de Mahina.
Cet évènement prouve bien que toute la Polynésie est sous une grave menace permanente :
Combien de livraisons contaminées ont-elles eu lieu dans les îles depuis le début des années 1990 ?
Les bonnes nouvelles sont, pour l'instant, que :
La situation n'est donc pas encore totalement perdue, mais elle est extrêmement critique.
Les PFF ont été détectées à Smithfield et Kewarra Beach, à environ 15 km au nord du centre-ville de Cairns (Queensland). Une campagne de lutte est en cours contre ces contaminations.
La contamination est relativement restreinte mais la dispersion est bien entamée dans cette zone.
Les données présentées ici sont parcellaires.
Plus de détails sont disponibles sur le site du Gouvernement du Queensland
Situation connue en 2007 :
Source: Biosecurity Queensland (comm. pers.)
Pour voir ceci de plus près dans Google Earth, si vous l'avez installé, ouvrez ce kewarra.kmz (2 Ko).
Les PFF ont été détectées sur les îles de Maui et Big Island.
Il semble que l'incursion sur l'île de Maui soit à présent éradiquée.
Situation connue en 2006 :
Source: USGSC (comm. pers.)
Pour voir ceci de plus près dans Google Earth, si vous l'avez installé, ouvrez ce hawaii.kmz (3 Ko).
Situation connue en l'an 2000 :
Source: Institute of Food and Agricultural Science - University of Florida.
Situation connue en 2008 :
La découverte de la contamination d'Israël date de 2004, soit exactement en même temps que la Polynésie.
La situation est épineuse, d'une part parce que l'origine de la contamination a été la plus grande scierie du pays qui a distribué ses produits partout et, d'autre part parce que la Petite Fourmi de Feu n'a cure des frontières humaines et les situations de guerre ne peuvent que lui profiter.
Le fleuve est un très puissant véhicule de dispersion, en plus des activités humaines.
Nous n'avons pas de données sur la situation de la vallée du Jourdain au Sud-Liban, ni en Jordanie :
Source: Communication personnelle.
Voir aussi : AcideFormik / Haaretz Israel News - 30 avril 2009
Voir dans GoogleEarth : Israel2008.kmz (6 Ko)