Réagir

Détecter


La détection est l'étape essentielle


Sauver le pays est l'affaire de chacun mais nous avons tous besoin les uns des autres pour y arriver :
 
Il faudrait que chacun fasse au moins une détection chez lui et nous communique ses captures et sa localisation.
 
C'est lourd à organiser mais la méthode que nous avons trouvée, elle, est très simple et très rapide à employer :
 
Dès que l'envahisseur a été indentifié nous nous sommes mis en quête d'une méthode fiable de détection.
Des scientifiques du Bernice P. Bishop Museum, de Hawaii, le Dr Daniel S. Gruner principalement, nous ont transmis la leur.
C'est donc très naturellement que nous l'avons nommée "protocole de Hawaii".
Il s'agit d'une méthode très simple et très efficace même dans les endroits où la PFF n'est pas détectable à l'oeil nu.
 
Nous l'avont employée et traduite en français (en page 2 de ce document pdf)
 
Nous l'avons aussi présentée à la télévision, sur une chaîne locale (TNTV - 2005 - Reportage diffusé vers midi) :
 

TNTV-testHawaii.wmv - Taille : 7.85 Mo - Durée : 3'53 :
 
Cliquez sur l'image pour lancer la vidéo

 


Lorsque des tests ainsi faits nous sont transmis, nous procédons au diagnostic.
 

L'importance de ces tests est primordiale :

Toutes les colonies connues, à l'exception de la première, ont été découvertes à partir de tests venant :
- soit d'un témoignage suivi de tests positifs,
- soit effectués par des enfants dans le cadre de leur travail scolaire.
 
Si vous habitez en Polynésie hors des zones contaminées connues (cf. "État des lieux", ci-dessus), que ce soit sur Tahiti ou sur une autre île, nous vous demandons de le faire au moins chez vous et de nous transmettre vos résultats en nous contactant :
- À la Direction de l'Environnement - téléphone : 47 66 66(heures de bureau)
- Chez Fenua Animalia - répondeur : 42 65 61 (24h/24)

 

pff-4358-positif.jpg
 
Merci, pour vous et pour le pays.

Lutter

Vous

La loi

Le 15 novembre 2006, sur proposition du ministre de l'Environnement, lui-même appelé à défendre la proposition par son équipe de la Direction de l'Environnement, le Conseil des Ministres a pris l'arrêté suivant :
 
Arrêté 1301 CM du 15 novembre 2006, paru au JOPF du 23 novembre 2006 (pp.4033-4034) et modifiant le Code de l'Environnement :

 
Art. A. 123-10. - Régime particulier applicable à la petite fourmi de feu :
 
- Le transfert intentionnel et en connaissance de cause de tous matériaux divers infestés tels que les déchets verts, la terre et autres débris, les plantes, depuis les zones infestées vers les zones indemnes, est strictement interdit ;
 
- Les engins lourds travaillant dans les zones infestées sont désinsectisés par l'application d'un produit de traitement adapté à la lutte contre les fourmis de feu, en fin de travaux et avant tout mouvement vers d'autres zones. Une facture attestant du service fait ou de l'achat du produit de traitement est produite à la demande de l'administration chargée du contrôle, par les responsables, utilisateurs et/ou propriétaires de ces engins ;
 
- pour faciliter la lutte et le repérage des colonies, les propriétaires ou locataires des terrains infestés par la petite fourmi de feu, dès qu'ils en ont connaissance, en font la déclaration à la direction de l'environnement, en précisant, par tout moyen, la position de leur terre (nº de parcelle, voie, etc.). Les propriétaires des terrains infestés prennent toutes mesures économiquement et écologiquement appropriées pour traiter leurs terrains ;
 
- Les propriétaires ou locataires des terrains, infestés ou non, sont tenus de laisser le passage aux agents publics et à leurs équipes chargées de la lutte contre la petite fourmi de feu.
 
 
Art. A. 123-12.
 
Les infractions aux dispositions précitées sont passibles des sanctions prévues au livre 1er, titre 3 du présent code.
 
 
 

En résumé :


Comme tout arrêté il est appliquable dès sa parution au Journal Officiel de la Polynésie Française (JOPF), il est donc en application depuis le 23 novembre 2006.

Traitez !

Traiter un ou deux hectares de zone contaminée de taille supérieure ne peut être qu'une opération temporaire :
Comme tous les nids coopèrent immédiatement dès qu'ils sont en contact, l'éradication d'une colonie ne peut être effective qu'avec la mort de sa dernière reine, au stade adulte ou larvaire.
 
Il est totalement illusoire de bricoler une solution en achetant des produits pour les répandre soi-même :
Traiter efficacement un terrain contaminé n'est pas une affaire d'amateur, les tentatives de 2005 l'on prouvé.
 
Il est inefficace de demander aux propriétaires de traiter eux-mêmes leurs propriétés parce que :
 

  1. Aucun quartier contaminé n'arrive à traiter partout en même temps. Il y a forcément au moins un habitant qui ne peut pas être là le jour choisi.
  2. Les produits vendus au grand public sont moins concentrés que ceux des professionnels parce qu'ils sont dangereux à manipuler à l'état pur : À très haute dose tous les pesticides sont dangereux pour la santé, la plupart sont cancérigènes. Ainsi, l'Amdro vendu au grand public contre la PFF (molécule = hydramethylnon) est concentré à 0.036%, celui des professionnels l'est à 0.75 %, soit vingt fois plus pour eux.
  3. Les produits sont mal répartis par manque d'expérience professionnelle et d'équipements adaptés :
    Il faut savoir insister aux endroits où elles vont se réfugier, endroits qui ne sont pas évidents à déterminer quand on ne connaît pas bien cette peste.
    Les professionnels disposent d'habits protecteurs, d'outils, comme des canons à granules, capables de projeter les produits à plusieurs dizaines de mètres, et ils savent les utiliser pour que le dosage par mètre carré soit respecté. Le particulier n'a ni ces outils, ni cette connaissance, ni l'expérience du terrain pour les utiliser proprement.


La seule solution sérieuse, réellement efficace, est de faire appel à un professionnel agréé spécialisé et expérimenté pour soit décontaminer temporairement une maison, soit de tenter de nettoyer tout un secteur.
 
La solution professionnelle est aussi la plus économique :

L'efficacité n'est pas comparable, l'économie non plus.
 
Concernant le risque de recommencer à habiter dans une maison largement saupoudrée/imbibée par ces produits, la situation est différente :
 

La Polynésie

1990 : Origine

Les plus vieux témoignages de sa présence à Tahiti proviennent de Mahina, pour l'instant, et remontent à 1995.
 
Elle est forcément arrivée bien avant, sans doute au tout début des années 90, peut-être même avant car comme il faut beaucoup de temps entre la contamination initiale et le moment où elle devient génante au point de provoquer les premières plaintes.
 
Tout ce que nous savons aujourd'hui, par un travail d'analyse récent de l'IRD-Nouméa, est que la souche originelle provenait de Nouvelle-Calédonie.
 
C'est un envahisseur discret, son introduction est invisible au départ. Elle est d'autant plus facile que les mesures de biosécurité étaient faibles et les moyens de les contourner aisés. Les choses changent actuellement, à cause d'elle entre autres, mais notre barrière biosécuritaire est encore balbutiante et d'autres monstres du même genre attendent à nos portes.
 
Les portes d'entrée sont nombreuses : Colis postaux, bagages de voyageurs, et, surtout, conteneurs maritimes.
 
L'essentiel des importation provient du fret maritime et nous savons que plus de 80 % des conteneurs ne sont pas ouverts entre le moment où ils sont fermés avant embarquement et celui où ils sont ouverts chez le destinataire polynésien.
Les contrôles de biosécurité s'exercent actuellement essentiellement sur ceux transportant des denrées alimentaires perissables (viandes, légumes), or ces envahisseurs se font disperser en se faisant embarquer avec des matériaux autres, comme des dallages en céramique, des planches de bois brut ou autres amorphes. Les interceptions fortuites de batraciens, en 2006, chez le destinataire et par lui, le prouvent.
Le destinataire n'est en général pas formé à la détection des envahisseurs les plus discrets.
 

L'entrée en Polynésie se fait donc, encore aujourd'hui, par une porte béante.

2004-Octobre : Découverte officielle

Les plaintes ont été nombreuses les dernières années avant l'identification, mais, comme ce monstre était inconnu de tous ici, les réponses, quand il y en a eu, étaient soit évasives, soit fausses (allergie d'origine inconnue, cataracte pour les animaux de compagnie, ...), quand ce n'était pas carrément des accusations d'affabulation !
 
Le danger des introductions, la raison d'être de l'ISSG, était soit inconnu, soit volontairement ignoré au motif "d'apporter un problème de plus".
 
L'identification formelle de Wasmannia auropunctata par un organisme officiel, le SDR, date de juillet 2004.
 
La communication au public, à l'initiative d'une jeune journaliste stagiaire (...), date du 12 octobre 2004.

2004-2005 : Prise de conscience

Le jour même de la parution de cet article dans le journal, je suis allé au ministère de l'Environnement pour, d'une part en savoir plus sur le monstre, d'autre part savoir comment cette nouvelle allait être gérée.
 
Malheureusement, les querelles aussi interminables que destructrices de nos politiques venaient, une fois encore, de renverser le gouvernement. Les services administratifs étaient une fois de plus anesthésiés. Cette paralysie allait durer plusieurs semaines.
 
Internet nous a permis, outre la description de cette fourmi et celle de ses dégâts, de trouver des contacts avec des scientifiques étrangers (ISSG) et une méthode de test de présence. Sans eux, la situation aujourd'hui serait sans doute perdue pour le pays. (cf. onglet Détection ci-dessus).
 
Nous avons immédiatement commencé, sans aucun autre soutien, à tester le terrain et à mobiliser la population contre la PFF : Il fallait savoir au plus vite la localisation et l'étendue des zones contaminées, préalable obligatoire à toute action de lutte. Collecter les témoignages et rechercher les frontières des contaminations n'est pas techniquement difficile : Il faut surtout des bras, donc du temps.
 
La mobilisation fut plus diffcile car soit les gens n'avaient jamais vu ou entendu parler de la PFF et ils n'arrivent pas à croire à la monstruosité d'un insecte aussi petit, soit ils vivaient dedans et la réflexion la plus rencontrée a été "C'est foutu, c'est trop tard maintenant."
  Le travail de fond s'est donc réalisé tout doucement, avec le soutien de médias (télévisions, journaux, radios), de techniciens de terrain et de trop rares personnalités politiques.
 
Ce travail a donné des fruit en quelques mois car la majorité des colonies connues aujourd'hui ont été découvertes et délimitées à ce moment-là et le nouveau ministère de l'Agriculture a commencé l'organisation d'une action d'envergure dès le début de l'année suivante sans que le budget général 2005 l'ait prévu.

2005-2006 : Agriculture

Dès le début de 2005, le ministère de l'Agriculture a monté une commission interministérielle regroupant des représentants des services opérationnels des ministères de l'Environnement, de l'Urbanisme, de la Santé et de la Recherche ainsi que nous. Cette commission était dirigée par une chargée de mission de l'Agriculture.
 
Les travaux ont permis de mettre sur pied la toute première opération de lutte contre la PFF :

Le budget dégagé ne permettait pas de faire plus.
 
Dans le même temps, nous avions mobilisé les propriétaires de la résidence Supermahina (presque totalement engloutie dans la plus grande colonie connue) pour que les terrains privés soient traités en même temps que leurs alentours l'étaient par l'action gouvernementale. Ce qui fut fait, mais contrairement à nos préconisations, pour faire une petite économie immédiate, ils ont rejetté la proposition conjointe des professionnels locaux que nous leurs avions obtenue, pour répandre eux-mêmes le produit dans sa version "grand public".
 
Ces actions ont stoppé net l'expansion des colonies connues à l'époque mais aucune d'elles n'a pu être éradiquée.
La situation était donc stabilisée au début de la saison humide 2005-2006.
 
L'année 2006 a été celle de la démission silencieuse de l'Agriculture :
Il ne s'est, en effet, strictement rien passé après le mois de septembre 2005.
 
D'une part aucun budget n'a été alloué spécifiquement contre la PFF, d'autre part et surtout, la chargée de mission ne se sentait absolument pas concernée par la lutte. Contrairement aux préconisations du PAPP, elle n'a jamais été piquée par la fourmi et n'habite pas dans une zone contaminée. Pour elle, ceci n'était que "du travail en plus" (sic), ce qu'elle a traduit, au cours d'une séance de la cellule interministérielle, par "Je ne crois pas qu'une fourmi aussi petite puisse provoquer des dégâts aussi gros." (sic !).
 
Il est fort probable que ce soit sur la foi de ses rapports que son ministre et le gouvernement n'ont pas pris la réelle mesure de ce qui se passe. Ceci ajouté à sa volonté de démobiliser toutes les bonnes volontées en les décourageant systématiquement (y compris dans les autres ministères) et en faisant de la rétention d'information expliquerait simplement pourquoi strictement rien n'ait été fait en 2006 et qu'aucun budget n'ait été alloué.
 
Les choses se sont remises en marche après qu'une habitante de Mahina ait appellé au secours parce que la situation était devenue intolérable, dangereuse dans sa maison même et que cet appel ait été relayé par les médias. (cf. Émilie)
 
À la suite de ces reportages, le gouvernement a décidé d'allouer, pour l'exercice 2007, un budget 5 fois plus important que le précédent. Dans le même temps, le ministère de l'Environnement apprenait, information qui ne lui parvient qu'en octobre, c'est à dire au début de la saison des pluies (...) qu'il avait été chargé de la lutte au début de l'année
 
Le budget décidé n'est pas suffisant (50 MF cfp = US$500.000,00) parce que, par cette inaction, la surface contaminée est passée de 200 à 300 ha environ, parce que cette peste n'est pas éliminée en un seul traitement et parce que la topographie des zones contaminées est très accidentée.
 

Cette démission d'un an va coûter très cher au pays.

2006-2007 : Environnement

En octobre 2006, deux ans après la révélation publique de l'invasion, le ministère de l'Environnement a appris presque fortuitement qu'il était chargé de la lutte depuis de nombreux mois. (cf. onglet précédent)
 
Le ministre a décidé de confier la gestion de ce dossier directement à ses services opérationnels, la Direction de l'Environnement (Diren), sans autre relais que lui dans son ministère. La gestion revient aux personnes de terrain, le risque de reproduire l'erreur de l'Agriculture est donc sérieusement réduit. De plus, dans la Direction de l'Environnement (Diren), tous les cadres concernés ont été agressés au moins une fois par la PFF et connaissent la douleur de sa piqûre.
 
La Diren est donc le maître d'oeuvre à présent.
 
La Diren a aussitôt mis en place un SIG (Système Informatique Géographique) pour gérer les colonies, sur la base de tous les relevés GPS acquis sur le terrain depuis 2004.
 
Les deux premières mesures de gestion décidées par la Diren ont été de constituer une cellule de crise permanente associant tous les acteurs concernés, publics ou privés, et de libérer autant de budget que possible pour commencer les opérations le plus tôt possible.
 
Cette cellule permanente de crise, la Commission de Lutte contre les Pestes Envahissantes, travaille avec une autre cellule transversale permanente, la Commission des Pesticides.
Elle est constituée par, outre la Diren, des représentants des Services de l'Urbanisme, du Développement Rural (SDR) et Phytosanitaire (Phyto), de la Santé, des Douanes, de l'Association des Maires, de la Délégation à la Recherche, d'un Bureau d'études de l'Environnement, d'une société d'études d'Urbanisme, d'un représentant des sociétés de désinsectisation, d'un représentant de l'Antenne de Recherche de l'Université de Berkeley (Gump station, Moorea), d'un haut responsable de l'Armée, et de nous.
 
En plus, la Diren a mis en place un comité de coordination contre la PFF, constitué de 3 agents de la Diren, du représentant des sociétés de désinsectisation et de nous.
Ce comité gère l'action au quotidien en mobilisant les différents acteurs.
 
Des missions sont dévolues à des prestataires privés, liés à la Diren par conventions fixant leurs objectifs concrêts. Il s'agit des :


Cette liste doit encore évoluer, en particulier sur la gestion du suivi post-traitements. (nul ne peut être juge et partie)
 
Cette structure est très récente, elle n'est pas encore totalement construite, mais elle agit depuis novembre 2006 en sachant parfaitement qu'il s'agit d'un travail à long terme.
 

2006-Novembre : Diren

La Commission de Lutte contre les Pestes Envahissantes, sur les éléments dont elle a pu disposer, a décidé :

Ce travail est énorme, nécessite un effectif dont nous ne disposons pas et un budget conséquent.
L'appui ponctuel de l'armée pour les opérations d'envergure est crucial, en particulier dans les zones accidentées.
L'armée offre cet appui dans la mesure où il s'agit bien d'opérations ponctuelles d'envergure.

2007-Avril : RIMaP/P

La deuxième moitié du mois d'avril 2007 a vu le lancement de la première campagne de lutte de la Direction de l'Environnement.
 
Par manque de moyens et d'effectifs, il a été décidé de concentrer les efforts sur la plus vaste contamination connue, c'est à dire sur la crête où sont construites les résidences de Supermahina et Mahinarama, dans la commune de Mahina, à la frontière climatiquedéfinie par les Alizés.
 
Ce choix, plutôt que celui de lutter contre les petites colonies éparses, a été fait en considérant que dans cette zone le nombre de maisons contaminées est plus grand que celui de toutes les autres colonies réunies. Par conséquent, le risque contaminant pour tout le pays est plus important sur cette zone que sur toutes les autres, pour l'instant. Le corrolaire est que pendant que cette zone est combattue, toutes les autres continuent librement de s'étendre et, comme elles sont morcellées, la surface globale contaminée va progresser plus vite que si nous avions fait l'inverse. Toutefois, comme ces pertes de territoire sont surtout localisées en brousse, le risque d'augmenter le potentiel contaminant, c'est à dire le nombre d'occasions de transplanter des nids en zones saines, est plus réduit en attaquant d'abord la zone où le nombre de maisons concernées est le plus grand.
 
Encore une fois, ce choix est imposé par le manque de moyens : Nous aurions - évidemment - préféré pouvoir attaquer toutes les zones contaminées en même temps, mais le budget 2007 ne le permet pas.
Cette campagne ciblée se décompose en trois phases :

  1. Détection : Redéfinition des frontières des colonies.
  2. Traitement : Passage massif à l'hydramethylon, en fonction des conditions météo.
  3. Suivi : Recherche des survivantes et traitement d'appoint.


La première phase a été menée pendant la deuxième quinzaine d'avril, avec l'aide de l'armée. Elle a permis, outre de déterminer l'extension 2007 des contaminations connues, de découvrir quatre jeunes nouveaux foyers. Le bilan comparatif de la phase 1 (pdf, 6.7 Mo) reporte les résultats obtenus dans cette zone en 2005 et 2007 et tente d'anticiper l'évolution sur les deux ou trois ans à venir. L'ensemble des points relevés est visible dans GoogleEarth avec ce fichier (kmz)
 
La deuxième phase a juste été commencée mais les pluies survenues pratiquement tous les deux jours à partir de la fin avril ont totalement bloqué son déroulement plus d'un mois (mai 2007). Pour traiter l'ensemble des zones visées en un temps très court, des épandages par hélicoptère ont eu lieu : La quantité de produit utilisée ainsi est très grande. Il n'est donc pas question de prendre le moindre risque de voir la pluie le détruire, le gaspiller.
 
La troisième phase est plus difficile car il ne s'agit pas de repositionner les frontières mais de chercher des zones résiduelles à l'intérieur de plusieurs centaines d'hectares de terrain souvent difficile. Pour cette phase, la commune s'est engagée à solliciter toutes les énergies disponibles mais il est évident que ce travail dépasse déjà ses possibilités. Ici aussi, il faudra faire des choix.

2007-Aout : QE1121

Les mois de juillet et d'août 2007 se sont focalisés sur la délimitation des colonies connues. Ce travail n'est pas fini.
 
La première Conférence Internationale sur les fourmis envahissantes dans le Pacifique s'est tenue à Hawaii fin mai 2007. (International Pacific Invasive Ants Conference, IPIAC 2007) Nous y avons participé et nous y avons reçu le support de Biosecurity NZ et du Secrétariat de la Commission du Pacifique Sud sous la forme d'une participation gratuite à un stage de formation à la reconnaissance des fourmis, stage qui a eu lieu à Suva (Fidji) fin juin 2007.
 
Ceci nous a permis de comprendre que la "colonie" dite de Baccino-Taurua n'est qu'une colonie d'un sosie de la PFF, Tetramorium similimum. Cette zone est saine en fait.
 
Le crash du Twin-Otter au départ de l'aérodrome de Moorea-Temae, le vol QE1121 du 9 août 2007, décapite la lutte par la mort de M. Pierre Coissac, Directeur de la Direction de l'Environnement, celle de M. Guillaume Ratte, responsable technique au Ministère du Tourisme et de l'Environnement, en charge de la coordination générale de la lutte contre la PFF et de celle de M. Didier Laurier, Directeur de Cabinet de ce ministère.
20 personnes sont mortes ainsi dont la moitié étaient des agents publics de retour de mission.
Cette catastrophe se double à présent de la chute du gouvernement le 31 août 2007.
 
Le travail continue même sans capitaines mais tout ceci joue contre nous tous.
 
Le 3 Septembre 2007 le Pacific Invasive Learning Network, réunion annuelle du réseau international d'agents de terrain contre les espèces envahissantes, s'ouvre à Moorea dans ce contexte.

2007-2008 : Coma

L'instabilité politique que connaît le pays depuis septembre 2007 détruit progressivement tout ce qui a été mis en place depuis 2006.
 

La guerre semble pratiquement perdue, sans avoir connu de réel combat.

Internationalement

Moyens & Méthodes

Partout au monde le même problème se pose face à la PFF :
 


La technologie raisonnée se concentre actuellement sur l'emploi de l'hydramethylnon, molécule commercialisée avec un appât très attractif sous le nom d'Amdro mais, pour respecter l'environnement, il a été conçu très fragile, il se dégrade très facilement.
Ce produit, connu depuis 20 ans environ, a été au départ conçu contre la GFF, la Grande Fourmi de Feu, Solenopsis invicta qui est encore pire que la PFF et qui rend la vie impossible à de nombreux américains, en Floride notamment. Ces deux fourmis ne sont pas du même genre taxonomique mais ont des physiologies, des comportements et des effets dévastateurs très voisins. La principale différence avec la GFF, outre la taille (la GFF est trois à quatre fois plus grande que la PFF), est que la PFF ne fait jamais de fourmillière : Ses nids sont quasiment indétectables à l'oeil nu. (cf. Solenopsis invicta (RIFA) sur le site de l'ISSG (en anglais))
 
Nos recherches actuelles portent sur trois molécules : L'Hydramethylnon, le Fipronil et le Propoxur.


Ces trois molécules, préconisées contre ces fourmis, sont toutes très vite dégradés dans la Nature, en deux à trois jours. C'est ce critère qui a principalement guidé notre choix, outre leur effet sur cette peste.
 
Nous préfèrerions vraiment n'utiliser que le dernier, car il est le plus ciblé et le moins rémanent, mais sa fragilité - voulue - est un obstacle à son utilisation en Polynésie : Il est désintégré par les rayons Ultra-Violets du soleil et aussi par l'eau. Nous vivons sous un climat tropical humide.
 
En saison humide, c'est à dire environ la moitié de l'année à Tahiti, les pluies tropicales sont presque ininterrompues, ou au moins quotidiennes (en particulier en fin d'après-midi) et très rarement absentes plus de deux jours. Or, pour que ces pesticides aient le temps d'agir, c'est à dire de contaminer mortellement le coeur de tous les nids jusqu'au plus reculé, enterré, il faut compter au moins deux jours, trois de préférence.
 
L'emploi de l'hydramethylnon en saison humide est chaque fois un pari difficile qui revient trop cher : Un épandage détruit par la pluie avant d'avoir pu agir est un gros gaspillage financier, meurtrier pour l'environnement proche et lointain puisque le ruissellement entraîne le poison jusqu'au lagon. Or, il est impossible d'attaquer efficacement une colonie dans le but de l'éradiquer sans passer méticuleusement sur toute sa surface, quelle que soit sa taille, pour tenter de tuer la dernière reine.
 
Trouver un pesticide totalement respectueux de l'environnement et le moins toxique possible est donc très difficile mais ce dilemne est atténué dans le cas de la PFF car elle aussi tue tout ce qui lui fait obstacle. P.ex.: Il n'y avait plus aucune ruche dans la résidence de Supermahina avant qu'on commence la lutte chimique : Les PFF les avaient déjà éliminées.
 
Les recherches opérées sous l'égide de la Direction de l'Environnement depuis le mois de décembre 2006 ont pour but de trouver le mélange de poisons et d'attractifs le plus efficace et le moins nocif pour l'environnement, sur la base de ces trois molécules, parce qu'il n'existe aucune préconisation internationnale pour des climats aussi humides que le nôtre.

PAPP

Sa signification est Pacific Ant Prevention Programme (Programme de Prévention contre les fourmis envahissantes dans le Pacifique).
 
Il s'agit à la fois d'une série de préconisations contre les fourmis envahissantes et aussi d'une structure internationnale de lutte, créée en 2004 à l'initiative de la Nouvelle-Zélande, concernant tout le bassin océanique du Pacifique et placée sous le contrôle du Secrétariat de la Commission du Pacifique Sud (CPS).
 
Sa vocation est de coordonner tous les efforts des pays de la zone pour empêcher partout et autant que possible leur contamination ainsi que de favoriser les tentatives de confinement des contaminations avérées et leur éradication lorsqu'elle est encore possible.
 
Le PAPP est en liaison étroite avec l'ISSG (commission de l'ONU), bien sûr.
 
Les préconisations de base sont revues régulièrement, car, comme il s'agit d'une structure jeune face à un problème aussi moderne que difficile, les solutions étudiées et appliquées sont en pleine évolution. Elles doivent servir de cadre général de lutte à tous les pays de la CPS, du Pacifique.
 
Nous cherchons, évidemment, à travailler en synergie avec eux.